Monographie de Saint-Denis, p
musée de Vendôme ^ ; les têtes de deux des figures représentant un seigneur et une dame de Bueil, dont les moulages
Léon de Lusignan, roi d'Arménie, mort en 1393. Statue de marbre. (Basilique de Saint- Denis. )
se voient au Trocadéro sans être classés à leur véritable date; ainsi que les têtes de Léon de Lusignan, roi d'Ar-
1. Sur ces figures, consultez, dans les Recueils de Gaignières, le » dessin du tombeau de Jean de Bourbon, premier du nom, comte de la Marche, de Vendôme, etc., dans la chapelle Saint-Jean de l'église collégiale de Saint-Georges de Vendôme ».
ménie, et de Louis de Sancerre, morts le premier en 1393, le second en 1402. Le trait caractéristique commun à toutes ces effigies est une manière spéciale d'interprétation des yeux, qui paraissent, en quelque sorte, atteints de strabisme. ftJais, étant donnée la manière, je ne connais pas de sculpture de cette période du quatorzième siècle plus belle que la nôtre. La provenance d'une tête isolée n'est pas facile à retrouver. Essayons cependant de remonter un peu vers son origine. J'ai dû raisonner d'abord ainsi : Le marbre, rencontré à Saint-Denis après que la Révolution en eut vidé l'église, n'a pu être apporté que par la translation des monuments du Musée des Petits-Augustins opérée en 1817. C'est donc dans cet établissement que nous devons chercher les traces de notre sculpture. On sait comment Lenoir avait décoré la salle du Musée des Monuments français consacrée au quatorzième siècle. Il nous l'a racontée lui-même dans un de ses ouvrages ^ La tête de marbre a pu être utilisée là. Elle aurait appartenu à l'un des personnages placés sous les arcades. Notre tête n'étant pas couronnée, il faut tout d'abord écarter tous les rois de France. L'hésitation ne peut se produire qu'entre Bertrand du Guesclin, René d'Orgemont, Léon de Lusignan ^, Louis de Sancerre, Arnould (disait Lenoir, lisez Nicolas) de Braque et Bureau de la Rivière. Mais du Guesclin, d'Orgemont, Lusignan, Sancerre et Braque ont leur tête. Nous sommes forcé de nous rabattre sur Bureau de la Rivière.
Cependant une difficulté se présente aussitôt. Nous savons, par les anciennes descriptions de Saint-Denis, que la statue de Bureau de la Rivière, qui avait été enterré aux pieds de Charles V, était de bronze et qu'elle avait été fondue à la Révolution. Cette difficulté serait insurmontable