‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 20 sur 124 · Voyez la Gazette des Beaux-Arts, octobre · texte numérisé non relu

Voyez la Gazette des Beaux-Arts, octobre

marques de la dignité de chancelier de France qui sont deux masses posées en sautoir. — Hauteur 0", 420. » Ce buste, enregistré aujourd'hui sous le numéro 177 et donné pour celui de Pierre Séguier, mérite une discussion approfondie. Il a été longtemps considéré comme un portrait de Michel Le Tellier, et je crois qu'il en faudra revenir à cette première opinion.

Ce morceau de sculpture n'est exposé au Louvre que depuis la création de la galerie d'Angoulême en 1824. Entré au Musée en 1817, il provenait du Musée des Monuments français qu'on démembrait à ce moment (décembre 1816). Il n'était pas arrivé aux Petits-Augustins avec les premiers convois des ruines révolutionnaires. On le chercherait en vain dans le pieinière édition du catalogue des monuments recueillis par Lenoir*. C'est seulement en 1794 qu'il parvint à ce dépôt : voici par suite de quelles circonstances. Dans la nuit du 1" fructidor an II (19 août 1794), la bibliothèque de Saint-Germain des Prés fut dévorée par les flammes. Les manuscrits purent être sauvés, mais tous les imprimés furent perdus, ainsi que le beau cabinet d'antiquités formé par Montfaucon. Dès que le feu fut éteint, Lenoir songea à faire fouiller les décombres. Le 11 fructidor, après de longues recherches, on découvrit quelques têtes de bronze, en tout quinze pièces dont douze furent transportées à la bibliothèque Mazarine, oîi on les voit encore, et dont trois — une tête colossale de Minerve^, et deux têtes de philo-

i. En Yoici le titre : «Notice succintce des objets de sculpture et architecture réunis au dépôt provisoire national, rue des Petits-Augustins, au ci-devant couvont fie la reine .Marguerite, par Alexandre Lenoir, élève de l'Académie de peinture de Paris, établi en novembre 1190, et conservé par décret du Corps léa;islalif du 18 octobre 1792. Pans, 1793, in-S de 28 pages.

2. Ainsi cataloguée en 1795 au Mus4e des Monuments français, dans la notice de l'an VI, p. 20, n" 73 : « Saint-Germain-des Prés. — Le bujte de Miuerve moulé sur l'antique, posé sur une colonne antique de granit rouge de 11 pieds, trouvée dans une des cours de Saint-Sulpice. » L'année suivante, ce

sophes ' — furent remises au dépôt des Petits-Augustins. Pour son propre compte et moyennant un débours de quinze

Michel Le Tellier. Buste de bronze par Coysevox. (Musée du Louvre.)

buste reçut le numéro 311 dans l'édition du Catalogue de Lenoir, parue en l'an V : il y conserva la même description avec cette seule addition : « Fondue en bronze par Keller ». L'édition de 1 an VI annonce que le numéro 311 a été remis au Musée central.

1. Classées dans l'édition de l'an IV du Catalogue du Musée des Monumtnts français, sous les numéros 26S et 269. C'étaient, d'après cette notice, a deux tètes de vieillards, études fondues en bronze, attribuées a François Duquesnoy ». Ces deux tètes se trouvaient encore au Musée des Monuments français en 1796, et Lenoir, p. 173 de l'édition de l'an V, les cataloguait sous le

francs, Lenoir fît tamiserles cendres, mais il ne put recueillir deux vieilles crosses en cuivre entièrement brûlées, dont que une était tordue au point d'avoir perdu sa forme, un bas-relief gothique qui avait servi de paix, une petite tête de Diane et quelques mi'dailles tellement détruites» qu'elles ne valaient pas la peine d'être ramassées. C'est tout ce qui restait de l'admirable cabinet de Saint-Germain des Prés.

Jusqu'à cette nuit fatale qui anéantit tant de richesses, dom Poirier, au péril de sa vie, avait veillé avec un soin jaloux et une ardeur au-dessus de tout éloge sur le trésor scientifique de l'abbaye de Saint-Germain. Tandis que tous les monuments qui décoraient le couvent étaient bri es et profanés et leurs débris évacués au hasard, en grande partie sur les Petits-Augustins; tandis que les deux églises éi aient transformées en fabrique de salpêtre. Poirier n'avait rien laissé démemlirer du précieux dépôt dont il s'était constitué le gardien \

Tous les objets d'art étaient restés annexés à la bibliothèque. Mais quand Poirier vit ses imprimés réduits en cendres, le cabinet de Monfoucon anéanti ; quand il sut que quelques bustes exhumés par Lenoir avaient été recueillis aux Petits-Augustins, sa pensée se porta exclusivement sur les manuscrits. Se décidant à abandonner le peu qui lui

numéro 272, en conservant la rédaction de la notice précédente. Même rédaction dans l'édition de l'an VI. Dans l'édition de l'an VIll, on lit, p. 305 : « N° 272. — De Saint-Germain-des-Prés. — Deux ti'tes de vieillards, études fondues en bronze, attribuées à Sarrazin. » L'altribuiion, comme on le voit, avait changé. Ces deux bronzes ne figuraient plus au Musée en 1802. F.n effet, le numéro 272 est déclaré supprimé dans la notice de l'an X, amsi que dans celle de l'an XI. En 1806, le numéro 272 fut donné à l'épitaphe en marbre de Pierre Séguier, et désormais il ne fut plus question des deux tètes. Etes n'avaieut pas été vendues, quoiqu'on vendit quelquefois au nom de l'Etat les monuments d^s Petits-Augustins (voir la notice de ce Musée, édition de l'an VIII, u" 250, etc.). Elles avaient été enlevées le 6 germinal an IX et portées à IJueil pour décorer le château de la Malmaison.

1. Sur l'admirable conduite de l'ancien bénédictin, voyez ce que dit M. Léopold Delisle dans le tome II du Cabinet des mnnuscri s de la Bibliothèque nationale.

restait en œuvres de sculpture et les seules pièces qui ornassent encore la salle des manuscriis, il consentit à les réunir à ce que l'on avait retiré des décombres. Il remit donc luimême à Lenoir un buste en bronze de Richelieu \ un méd lillon du même métal représentant Cliarles-Quint^ un petit mt'dailion en marbre, représentant un des tils de Louis XIV ^ et un bu?te en bronze du chancelier Le Tellier.

Ni dom Bouillard^, ni dom Félibien^, ni Germain

1. Le buste de Richelieu est ainsi désigné par Lenoir en 1795, dans rédilion de l'an IV : « N» 209. — « Même maison (Saini-Germain des Présj. — Le buste en bronze du cardinal de Richelieu, par Girardou. » En 1797, voici ce que dit l'édition de l'an V : « N* 277. — Du même lieu (ce lieu n'est pas indiqué, par suite sans doute d'une inlercalation, mais en remontant au numéro 272 on voit qu'il s'agit de Saint-Germain-des-Prés). — Le buste du même (Richelieu), par Girardou. » L'édition de l'an VI apporte une variante, on y lit, page 2ii7 : « N" 277. — Du même lieu (ce lieu n'est pas mieux indiqué que dans l'édition précédente: mais par le même moyen on voit qu'il s'agit de Saint Germain des Prés). — Le buste du même (Richelieu), que l'on dit être de Varin. » Sur ce point, l'édition de l'an VI il, p. 306, reproduit textuellement la précédente. Dans l'édition de l'an X, on voit que le numéro 277 est supprimé. 11 en est de même dans l'étiitiou de l'an XI, et le buste de Richelieu se trouve remplacé en 1806 par un buste de Racine.

2. C'est aujourd'hui le numéro 109 de la Dest:riptio7i des sculptures du moyen âge, de ia Rennissance et des temps modernes, par iVI. Barbet de Jouy, 1856 et 1873. Ce médaillon portait le numéro 241 dans le Catalogue du Musée dt'S Monuments français, édition de 1795 (Notice historique des monumens des arts léuuis au Dépôt national, rue des Pctits-Augustins, par Alexandre Lenoir, Paris, an IV, p. 64). Il y était présenté comme une œuvre de Jean Cousin. Dans l'édition de l'an V, il reçut de Lenoir le numéro 146, qu'il conserva dans tuuies les éditions postérieures et jusqu'à la suppression du musée. Il garda également jusqu'à la fin la persistante attribution d'auteur que Lenoir lui avait gratuitement donnée. — Lithographie et décrit dans la Statistique monumfnitale de Paris, de M. Albert Lenoir, abbaye de Saint- Germain des Prés, fol. xxxv, explication des planches, p. 107. Cf. également baron de Guilheimy, les Inscriptions de la France du cinquième au dixhuitième siècle, t. !'='', p. 3oO. C'est une œuvre de Leone Leoni, dont une autre épreuve se trouve à Vienne, dans la collection d'Arabras.

3. Il est impnssible de retrouver ce médaillon parmi les monuments exposés par Lenoir aux Petits-Augustins. Aucune description ne peut s'appliquer à lui avec certitnile, même en admettant de la part de Lenoir un changement de nom et d'attribution. 11 a pu, d'ailleurs, faire partie du musée des Petits- Augustins sans figurer dans aucune des éditions du Catalogue.

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