Ce chiffre indique l'évaluatiou
3. Tous les biographes d'Antoine Coysevox ont répété, d'après Fermelhuis {Éloge funèbre de M. Coysevox. Paris, Gollombat, 1721, in-8, p. 34), que ce sculpteur avait fait un buste du prince de Condé, mais aucun n'a décrit l'œuvre; aucun n'a même dit si elle était en marbre ou en bronze.
r.i L'ANCIKN FONDS DU .MLSKK
Condé. J'ai obtenu avant la vento, de l'obligeance de M. Menu, la permission de ti\in;crire la pièce. Elle faisait partie, ainsi que tout le dossier , sous le nom de doubles de r année 88, de copies de la comptabilité de !a maison de Bourbon-Conty. Elle est d'une écriture de la fin du dix-septième siècle. La voici :
MÉMOIRE d'un buste de feu Monseigneur le Prince de Condé, fondu en bronze sous la conduite de M. Mansart, premier architech (sic) de Sa Majesté, et posé dans l'hostel de Contij par ordre de M. de la Chapelle, intendant de S. A. S. Monseigneur le prince de Conty, par Cozvox, sculpteur, en l'année 1688.
Pour avoir fait le model et fourny la cire, fait mousler, pour touttes les ustencilles, et avoir fondu en bronze, rendu, posé, fait et parfait en la place qui luy a esté ordonnée, pour ce. . 1,600 1.
Plus, pour un escablon, composé de sa baze, corniche et ravallement de marbre gris vaisné, enrichy d'un panneau de marbre de plusieurs couleurs, et pour la fourniture des crampons, marbre et touttes ustancilles 200 1.
J'estime que le tout, c'est-à-dire 1p buste et le scabellon, peut
valoir seize cens livres.
Signé : Mamsart.
Il est ordonné au sieur Bauger, trésorier général de notre Maison, de payer à Cozvox, sculpteur, la somme de seize cents livres pour un buste en bronze de feu M. le Prince, nostre oncle, qu'il a fait pour nous et, en rapportant la présente ordonnance avec quittance dudit Cozvox, ladite somme de 1,600 sera allouée à notre trésorier en la dépense de ses comptes de la présente année.
Fait à Paris ce 21 septembre 1688.
Signé : François-Louis de Bourbon.
J'ai reçu de M. Jouvenet, pintre du Roy et professeur de l'Académie royalle de peinture et sculpture, la somme de seize cens livres contenu (sic) en ordonnance de S. A. S. Monseigneur le Prince de Conty, au bas du mémoire de l'autre part, et, à l'efTet, par ledit sieur Jouvenet, de s'en faire payer par S. A., je le subroge en mes droits et actions, pour raison de ladite somme de seize cens li\Tes.
Fait à Paris ce 12 may 1689.
Signé : Coyzev[o1x.
MONUMKNTS CONSKRVES AU LOUVRE 55
Je reconnois que S. A. Monseigneur le Prince de Conty m'a payé des seize cens livres contenus (sic) en l'ordonnance cy-dessus en un contrat de constitution que Sa dite Altesse Sérenissime m'a passé devant M^ Lange et son confrère, notaire[s] à Paris ce jourd'hui vingt-unième may 1689. Sigtié : Jouvenet.
On ne peut plus douter maintenant. Le buste de Condé est l'œuvre de Coysevox. Cette belle sculpture n'a rien à perdre à cette honorable paternité et reçoit un nom certain en échange de quelques années d'une antér'oi ité problématique. Pour être à sa place, disais-je en J877', Condé n'a qu'à traverser la cour du Louvre, en compagnie de son contemporain Michel Le Tellier^ et à s'installer dans la salle de Coysevox. Ils doivent bien tous deux cet hommage à l'artiste qui leur a donné, d ms le bronze, une immortalité plastique. Sur le haut piédestal, d'oii il semble présider ses nombreux ouvrages, le vieux sculpteur les attend et les accueillera de son sourire de marbre. Ce ne sont pas, en effet, les moins glorieux enfants de son génie qui rentreront si tardivement au logis paternel. Le buste de Condé est aujourd'hui dans la salle de Coysevox.
Plus récalcitrant, Michel Le Tellier n'a pas encore traversé la cour du Louvre, mais il faudra bien qu'il accomplisse ce voyage.
Le Musée du Louvre expose, en effet, dans une des salles de la sculpture de la Renaissance, un très beau buste de bronze dont voici la description d'ai rès le catalogue : (( La chevelure est bouclée ; le costume est une robe de magistrat; l'ordie du Saint-Esprit est suspendu au cou et placé sur la poitrine. Sur le piédouche sont ciselées les