‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 4 sur 124 · LE 30 JUILLET · texte numérisé non relu

LE 30 JUILLET

J'ai déjà eu l'honneur d'entretenir plusieurs fois la Société des Antiquaires d'un projet de formation, au Louvre, d'une collection complète de sculptures originales de l'école française et de la reconstitution — autant qu'elle est possible — de l'ancien Musée des Monuments français au siège principal des musées nationaux^ Il est inutile d'insister ici sur l'intérêt que présente une telle entreprise. Ce n'est pas aux yeux de mes confrères que j'ai besoin de justifier, en 1884, la concentration et la classification méthodique des monuments capables, disait un directeur du Louvre, dès 1816, de « professer un cours vivant d'histoire de la sculpture nationale ». La Société a déjà prêté à nos efforts le concours de son autorité. Grâce à ses réclamations', les chantiers de Saint-Denis, où tant d'œuvres importantes se détruisaient sans profit pour la décoration delà basilique, ont été enfin ouverts. Ce n'est point sa faute si le Louvre n'a pas été appelé le premier à choisir parmi les morceaux

1. Quelques passages de ce mémoire ont été insérés dans la Chronique des Arts e.n août, septembre et octobre 1884.

2. Voyez notamment le Bulletin de la Société des antiquaires de France, année 1882, p. 291.

3. Voyez Bulletin de la Société des antiquaires de France, année 1876, p. 189 et 196; année 1877, p. 129, 142 et 207; année 1881, p 176 et 194.

sans emploi. Quoi qu'il ait pu résulter du rang dans lequel le Musée national est venu recueillir les ouvrages ou les fragments demeurés inutiles, Tenrichissement du Louvre a été tel qu'il n'y a rien à regretter. J'ai déjà signalé plusieurs monuments de premier ordre retrouvés par moi à Saint- Denis, et abrités au Louvre depuis le mois de septembre 1881 \ Une première étude sur cette importante acquisition a été commencée dans la Gazette des Beaux-Arts en juillet 1882^. Elle sera reproduite plus loin ; mais il reste encore bien des choses à révéler, car la liste complète des monuments rapportés à Paris n'a pas été publiée, et on aurait tort de croire, malgré certains dédains, que les objets entrés au Louvre ne soient que des pièces de rebut. Ces monuments, dont les principaux ont été ou seront prochainement décrits et gravés dans la Gazette des Beaux-Arts^ ^ contribueront à remplir les salles nouvelles que la Direction des musées nationaux a mise à la dispositions du département de la sculpture moderne. En attendant l'ouverture de ces salles, qu'afîn d'éviter de dispendieux remaniements on ne peut installer avant d'avoir sous la main tous les monuments appelés à y figurer, je désire initier la Société aux lents mais incessants progrès de l'entreprise. Je la prie, en même temps, de croire que les retards dans l'exposition annoncée sont moins causés que subis par nous.

1. Bulletin de la Société des Antiquaires, séances des l^r février et G septembre 1882.

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