‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 5 sur 124 · MAIS ACTUELLEMENT DÉPLACÉS " OU INCONNUS · texte numérisé non relu

MAIS ACTUELLEMENT DÉPLACÉS " OU INCONNUS

Ce n'est pas un historique complet des sources principales du musée du Louvre que j'entreprends d'écrire aujourd'hui. Ce volumineux chapitre de notre Histoire du département de la sculpture du moyen âge, de la Renaissa7ice et des temps modernes * sera publié, avec tout le développement qu'il comporte, dès que nous aurons trouvé un éditeur. Je veux seulement indiquer ici quelques pièces méconnues, oubliées ou déclassées que le vieux fonds du Louvre sera prêt à nous fournir au moment du remaniement prochain des collections.

Sollicité depuis longtemps, Tagrandissement du local affecté dans le Louvre aux collections de sculptures du moyen âge et de la Renaissance nous a permis de reprendre enfin le mouvement de concentration et de la classification commencé jadis par Léon de Laborde, de 1850 à i8S3. Les monuments de la Renaissance, restés au pavillon de Beauvais, dans les anciennes salles du musée d'Angoulême après le départ du marquis de Laborde, seraient établis depuis longtemps à leur place rationnelle s'il ne dépendait que de nous d'opérer leur transporta Ils finiront cependant

1. Quelques fragments de ce travail ont été publiés dans 1*^4?'^ en février et mars 1886.

2. Sur ces monuments, voyez La Part de fart italien dans quelques monuments de sculpture de la première Renaissance française, p. 9 et 10, et Alexandre Lejioir, son Journal et le Musée des Monuments français, t. II. p. 90. Sur la galerie d'Angoulême, voyez l'Art, no' des 15 février, 1*' et 15 mars 1886.

par prendre le chemin qu'ont déjà suivi deux bas-reliefs en marbre (M. R. 16S0 et 1651), ouvrages de la Renaissance provenant de la collection Borghèse, originairement de Saint-Pierre de Rome, morceaux illustres dont nous allons rapporter les vicissitudes.

En 1881, à l'occasion d'un nouvel aménagement, au Louvre, des salles de sculptures du moyen âge et de la Renaissance, deux bas-reliefs italiens du quinzième siècle sont venus se fixer dans la salle de Michel-x\nge. Le musée les possédait depuis longtemps, et ils étaient exposés précédemment dans les salles des sculptures antiques, au milieu de marbres romains avec lesquels ils offraient de l'analogie par le sujet, bien que leur exécution eût f'té reconnue moderne dès leur entrée dans les collections françaises*. Voici la description du premier bas-relief : Deux génies ailés et drapés supportent une guirlande de fleurs el de fruits. Au-dessus de cette guirlande, un masque de Méduse entouré de rinceaux. A droite et à gauche, deux têtes de lions portant des anneaux dans la gueule. Le lion de droite est le produit d'une restauration moderne. Marbre blanc. Hauteur, O'",o8; largeur, 2™, 58.

Second bas-relief. Même sujet et même décoration que dans le précédent. La tête de Méduse, placée ici au-dessus de deux cornes d'abondance, porte, sur le front et dans les cheveux, deux cordons de perles enfilées. Les lions n'ont pas d'anneaux dans la gueule et on aperçoit une de leurs pattes près de leurs têtes. Marbre blanc. Hauteur, 0"', 58; largeur, 2", 60.

Les deux monuments ont été catalogués par M. Frohner sous les numéros 349 et 350 de la Notice de la sculpture

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