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Voyez le fac-similé de l'inscription

MONUMENTS CONSERVÉS AU LOUVRE i89

cette quatrième ligne était plus courte, comme on peut le constater dans le fac-similé, et qu'elle ne devait pas, par conséquent, se rapprocher autant que les autres du blason qui formait l'encadrement. D'ailleurs, la place de cette quatrième ligne est marquée sur notre marbre du Louvre par i'étagement des lettres, dans ce qu'on pourrait appeler la mise en pages ou \di justification de l'inscription.

Résumons-nous. L'écusson du Louvre aux armes de René d'Anjou et de Jeanne de Laval, mesurant de 33 à 34 centimètres de haut, étant accolé aune inscription composée de quatre lignes et formée de lettres de 45 millimètres de hauteur, provient indiscutablement du retable des Célestins d'Avignon (aujourd'hui à Saint-Didier), dont l'inscription présente des caractères absolument identiques.

Ce rapprochement laborieux des fragments divisés d'un même ensemble, sorte de jeu de patience, n'est pas cependant un travail de désœuvrement archéologique. Notre recherche aura, nous l'espérons, un résultat pratique parfaitement appréciable. L'écusson des armes du roi René est d'une jolie exécution, à la fois libre et fine. Ce n'est pas l'ouvrage d'un héraldiste de métier, sacrifiant l'art aux lois inflexibles du blason. Certains détails, la disposition, par exemple, des croix recroisettées au pied fiché d'or sont plus pittoresques qu'il ne conviendrait aux yeux d'un spécialiste scrupuleux ou d'un simple ouvrier copiant ne varietur un dessin héraldique destiné à être gravé dans le marbre.

Une interprétation d'artiste, interprétation très personnelle, se révèle dans ce monument. Aussi il ne paraîtra pas trop téméraire d'en attribuer l'exécution, ou tout au moins la composition, à l'auteur même du grand bas-relief de Saint-Didier dont il fait partie. Nous savons d'ailleurs que Francesco Laurana était médailleur ; et il est facile de rap-

procher de notre bas-relief circulaire quelques-uns des revers de médailles dus aux artistes du quinzième siècle. Nous proposons donc aux numismatistes et aux amateurs de compter à l'œuvre de Laurana une pièce de plus. Seulement ce médaillon nouveau, de grandes proportions, n'a qu'un revers, et il est de marbre. Quant au Louvre, il va enfin posséder consciemment l'ouvrage d'un maître qui n'était pas encore représenté dans ses galeries de sculpture italienne. Cet enrichissement ne lui aura rien coûté. La fortune lui est venue en dormant.

Le nouveau Musée de la Renaissance conservera désormais, sous le nom de Jean d'Alesso, un portrait attribué par erreur depuis bien longtemps à un tout autre original.

En 1854, notre regretté confrère le baron de Guilhermy disait dans un article des Annales archéologiques \ en parlant d'une sculpture du Musée du Louvre : « Comment [Ponce] aurait-il pu modeler le buste du président d'Ormesson dont la mort n'arriva qu'en 1600? Nous n'entrons d'ailleurs dans ces détails que pour démontrer une fois de plus combien sont incertaines les attributions qu'on enregistre trop facilement dans les catalogues de nos musées et combien il serait nécessaire de les soumettre toutes à la vérification la plus sévère. Le buste de bronze, appelé du nom d'Olivier Lefèvre, a toute l'apparence d'un portrait fidèlement exécuté d'après nature. L'exactitude y est même poussée à l'excès; l'auteur n'a voulu omettre ni une ride ni une verrue, et son œuvre ne ressemble pas mal à une tête de magot de la Chine, etc. »

M. de Guilhermy, dans les lignes qui précèdent, s'est

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