‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 57 sur 124 · III · texte numérisé non relu

III

tagiie] posa la première pierre de l'église qui ne fut cependant achevée que sous le règne de François 1", et dédiée seulement le 12 juillet lo78. Dan» la chapelle du Nom-de- Jésus est un buste sous lequel on lit :

« Nobilissimus Joannes Dalesso, Blesensis, Andreœ Dalesso D. Francisci a Paula ex sorore nepotis filius, dura vixit bonis gratissimus, morum comitate, ingenii suavitate et animi candore erga omnes commendatissimus, regiarum rationuin magister, vitœ susB rationem redditurus exspiravit 3 septembris anno œtatis 59, reparatœ salutis bumanœ i'6'2. Cujus memoriam Maria Sanssaya, uxor castissima, matrona prudentissima, quara diu superfuit, coluit religiosissime. Idibus sextilibus auno œtatis 62 et Christi servatoris lo8i, vitara cum meliore commutavit, et in eodem monumento, cum conjuge suavissimo, quocum septem lustra unanimiter exegerat, voluit tumulari, relictis quinque liberis qui parentibus optimis carissimis piissimi ac bene mœrentes ad perpetuam memoriam H. M. P. CC.

(( Dans cette même chapelle, sur une table de marbre noir, on lit cette autre épitaphe :

« Cy devant gist « Noble damoiselle Magdelaine Dalesso, en son vivant femme de noble homme Pierre Chaillou, secrétaire de la chambre du Roy, laquelle trépassa le 24" jour d'aoust 1383, ayant élu ici sa sépulture avec feux nobles personnes Jean Dalesso, petit neveu de Monsieur Saint-François de Paule, sieur de Lezeau et de Raigny, et Damoiselle Marie de la Saussaye, ses père et mère.

« Sur une autre table de marbre noir, mais toujours dans la même chapelle, est écrit :

« D. 0. M. ET Memori^ « Olivarii Lefevre, equitis, domini d'Ormesson, d'Eaubonne et de Lezeau, Régis ab interioribus consiliis, et in caméra computorum prœsidis : viri morum suavitate et vitte probitate spectatissimi, qui postquam rei quœstoriœ munera fere omnia gradatim obtinuit et in iis gereudis perspecta est ejus integritas et fides, dignus qui virtutis praesidium aliquot consequeretur, summorum rationum

praesidis munus quœstoribus quibus meruerat, pleuus annis, amicis, honoribus excessit e vita, annum agens septuagesimum quintum, die 26 Mail anno 1600.

« Et Memori.e

« Annœ Dalesso, ejusdem fldelissimœ conjugis, quœinpari fortuna et in suma laude coiicordiœ leniter vitam exegit ; et obiit die 7 octob. anno Domini 1590, ajtatis 50.

« Olivarius paterni magistratus successor et Andréas in curia Parlamenti; Nicolaus in majori consilio Régis consiliarii parentibus suis mœstissimi posuere.

« Gui nasci contigit, mori restât. »

Telle était, vers le milieu du dix-huitième siècle, la description de la. chapelle d'oii le prétendu buste d'Olivier Lefèvre avait été tiré. On voudra bien remarquer dès à présent qu'il n'est parlé que d'un seul buste dans celte description et que ce buste n'était pas placé au-dessus de l'épitaphe du président de la Chambre des Comptes. Nous verrons tout à l'heure que deux bustes ou tout au moins deux portraits sculptés devaient cependant se trouver à ce moment dans la chapeUe du Nom de Jésus. Mais Piganiol écrivait, la plupart du temps, en suivant certains auteurs qui l'avaient précédé, pour qui le second portrait était resté inconnu ou aux yeux desquels il n'avait pas mérité d'être cité. Les sources où Piganiol a puisé et dont nous reproduisons ci-après le texte se chargeront d'expliquer ce lapsus.

Nous devons d'abord constater que la chapelle du Nom de Jésus, avec son affectation funéraire définitive, ne remontait pas à la fondation ou, pour parler plus exactement, à l'époque de la consécration d'ensemble de l'église des Minimes de Chaillot, c'est-à-dire à la date de 1578 \ En effet, le livre de Corrozet continué par Bonfons, qui, en 1586, décrit parmi les Antiquitez, croniques et sinqulariiez de

1. Celte date est donnée à la fois par Bonfons et par du Breul.

Pains^ l'église des Bons-Hommes, tout en signalant en détail le tombeau de la femme du chancelier Duprat et les autres monuments du monastère, ne parle pas de la chapelle de la famille d'Alesso. Même silence dans les éditions postérieures ou dans les imitations du même livre. C'est duBreulqui,le premier en 1612, dans son Théâtre des antiquitez de Paris, révèle l'existence de cette chapelle, créée par conséquent de 1.^78 à 1612. Il s'exprime ainsi : « En la chapelle du Nom-de-Jésus, l'on void un épitaphe d'albastre fort, richement élabouré, au milieu duquel est représenté en bosse le chef ^ d'un seigneur et au-dessous ce qui suit gravé en marbre noir.

(Suit l'épitaphe de Jean d'Alesso et celle de sa femme.)

« Auprès le susdit épitaphe, il y en a un autre petit d'albastre, au milieu duquel sont gravez en marbre noir ces mots :

(Suit l'épitaphe de Madeleine d'Alesso.)

« En la mesme chapelle, on void le suivant épitaphe gravé en marbre noir :

(Suit l'épitaphe d'Olivier Lefebvre d'Ormesson et de sa femme, fille de Jean d'Alesso^.) »

Voilà la source à laquelle tous les auteurs des Guides de Paris ont puisé. Le passage de du Breul fut répété textuellement par Claude Malingre dans les Antiquitez de la ville de Paris ( 1640, liv. IV, p. 135 ) et se transmit légèrement modifié à Piganiol que nous avons cité et aux autres auteurs. En résumé, du Breul, consulté et copié par tout le monde, est le premier à pt-rler de la chapelle d'Alesso et ne décrit qu'un seul buste posé sur le tombeau de Jean

Page 1