ÉCUSSON AUX ARMES DE BIRAGUE ET DE BALBIANI
Sculpté en marbre par Germain Pilon sur le tombeau de Valentine Balbiani.
( Musée du Louvre. )
Le silence de Lenoir dans son texte, comme Toubli des écusson sur la planche 121, faillit être fatal à ces charmantes sculptures. A l'époque de la suppression du musée
des Petits-Augustins, tandis que les figures principales du tombeau étaient apportées au Louvre et exposées dans la galerie d'Angoulême, les écussons étaient abandonnés je ne sais où. Au moment de la fondation du musée de Versailles, des marbres héraldiques comme ceux-là trouvèrent une occasion naturelle de se produire ; cependant, s'ils furent envoyés à Versailles, ils ne furent pas placés près des mausolées de Birague et de Valentine Balbiani, qui, comme eux, avaient fait le même voyage. Frappés de l'anathème qui pèse sur tous les monuments inconnus, ils furent jugés indignes de l'exposition publique et dédaignés jusqu'au jour (mars 1883) où la beauté de leur exécution m'ouvrit les yeux sur leur valeur et me révéla leur origine. Ils sont au Louvre maintenant et seront bientôt rapprochés des autres sculptures provenant de la chapelle de Birague.
Malgré l'état de délabrement dans lequel elles se trouvent, je sollicite également le transport à Paris des figures couchées de Louis de Rouville et de Suzanne de Coësme, sa femme, abandonnés dans le magasin de la Petite-Venise, J'en ai parlé dans le tome I" à! Alexandre Lenoir, son Journal, etc., p. cxui. Elles provenaient, comme le tombeau de Philippe Desportes, de l'abbaye de Notre-Dame de Bon- Port.
Lenoir, qui les a fait graver par Guyot dans le Musée des Monwnens français, tome IV, pi. 148, les avait classées sous le numéro 545, p. 179, et les a décrites ainsi : « Les statues en pierre de liais et couchées de Louis, seigneur de Rouville, Grainville et autres lieux, grand-veneur de France, mort en 1527... Louis de Rouville mourut à Lyon et fut enterré à l'abbaye de Notre-Dame de Bon-Port, près le Pont-de-l' Arche, où se voyoit son tombeau. Ce monastère a
été vendu et démoli depuis la Révolution. C'est de M. de la Folie, propriétaire des restes de cet antique édifice, que j'ai obtenu les monumens de Desportes et de Rouville. Voici l'épitaphe de ce dernier telle qu'elle étoit figurée sur le monument :
« Cy gist noble et puissant seigneur messire Louis de Rouville, en son vivant chevalier, conseiller, chambellan du roy, notre sire et seigneur du dit lieu de Rouville, de Granville, la Tinturière, Rouille, Saint-Ouen, Villiers Cul-de-Sac; grand maistre enquesteur et réformateur des eaux et forests en Normandie et Picardie, capitaine des gendarmes, grand veneur de France et lieutenant général du roy notre sire en Normandie, lequel trépassa à Lyon le XVII« jour de juillet M CCCCC XXVII.
« Louis de Rouville est représenté tout armé, à la manière des chevaliers de son tems. Sa tête est découverte; il a les cheveux coupés et la barbe longue : On voit sur sa cotte d'armes deux poissons qui composent ses armoiries et la légende suivante qui est gravée sur son baudrier : Qui le droit de chasse garde le change. Le vêtement de Coësme, sa femme, est semblable à celui que portoient les femmes à cette époque, comme on peut le vérifier sur les statues qui sont dans le musée, à l'exception cependant d'un tour de gorge fermé et plissé qui monte jusqu'au cou et d'une chaîne d'or à double rang qui descend sur la poitrine. »
Une note inédite de Lenoir datant de 1816 nous fait savoir qu'à cette époque les statues dont nous parlons étaient déjà « extrêmement mutilées ». Il résulte d'une lettre du vendeur du monument, M. de La Follie, que la figure du grand-veneur, comme la plupart des statues funéraires de cette belle époque de l'art, était posée sur un sarcophage dccoré sur les flancs de niches, c'est-à-dire d'arcades et peut-être des statuettes aujourd'hui disparues *.
1. Voici la fin d'une lettre dont le commencement a été donné dans l'introduction du tome !'='• A^ Alexandre, Lenoir, so7i Journal et le Musée des
Je compte encore demander le retour à Paris de la belle statue d'Henri IV, attribuée à Barthélémy Prieur, conservée à Versailles sous le numéro 2814. Le roi debout, la tête ceinte d'une couronne de laurier, porte une cuirasse, un grand manteau et s'appuie de la main droite sur une canne. Il importe que le Louvre, si dépourvu de monuments se rattachant à cette intéressante époque de l'art, possède enfin cette sculpture qui provient du Musée des Monuments français, oti elle occupait le numéro 116. Lenoir en a traité l'histoire dans une note encore inédite. « N° 116. — Du jardin de Mousseaux. — La statue en pied et en marbre du roi Henri IV, représenté en habit de cour, par Barthélémy Prieur, ainsi qu'on le voit au musée du roy, dans le tableau peint par Porbus. Celte statue étoit originairement à Saint-Cloud. Le duc d'Orléans la fit transporter à Mousseaux lorsqu'il vendit son château de Saint-Cloud au roi Louis XVI. »
En 1816, cette figure d'Henri IV fut restituée au duc d'Orléans ^ Elle a été décrite par Lenoir dans le tome IV du Musée des Monumens français, p. 126, et
Monuments français, p. CXLII : « Ronport, le 22 fructidor an IX, etc.. Vous paroissez désirer les pierres ornées de petites arcades appartenantes au monument du grand Veneur. Je les joindrai à l'envoy sans que cela augmente notre prix convenu; mais aussi, je vous observe que lorsqu'il a été question de tous ces objets, le fût de la colonne a été distrait et ne faisoit point partie de notre marché. Si votre mémoire ne vous rapelloit point ce qui fut dit à cet effet, consultez la personne qui était avec vous. Vous trouvâtes, l'un et l'autre, le fût cassé, commun, et vous dites que le musée en était plein et que vous n'en aviez pas besoin. Marquez-moi si vous êtes d'accord. Vous avés obmis le bas d'une grille en bois que j'ajouterai également à l'envoy. Je ne serais pas peu reconnoissant si voustrouviés l'occasion déplacer mes marbres à Paris; je vous les recommande. Comme le bateau pourra se charger de ces objets dans six à huit jours, j'attendrai votre réponse, et vous prie de croire à mon estime particulière. De la Follie. »