‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 82 sur 124 · BAS-RELIEF DE BRONZE · texte numérisé non relu

BAS-RELIEF DE BRONZE

Représentant, d'après Guilbert, la bataille d'Actium.

École franco-italienne de Fontainebleau.

Guilbert dans sa Description historique de Fontainebleau *, en énumérant les sculptures du jardin de l'Orangerie: «Au milieu est une très belle et grande figure de Gléopâtre (c'est l'Ariane du Vatican), couchée et morte de la piqueure d'un aspic. Sur le pied d'estal est représenté en un bas-relief de bronze le combat d'Octave-Auguste et d'Antoine, près d'Actium, l'an trois mil neuf cent soixante-quatorze, trentehuit ans avant la naissance de Jésus-Christ.»

Faut-il identifier ce bas-relief avec un de ceux qu'on

trouve mentionné dans les Comptes des Bâtimens du roi, publiés par le marquis Léon de Laborde ', et qui auraient été destinés au piédestal de la figure du Tibre ? J'avoue que pour moi l'évidence n'est pas du tout complète, et, comme M. Barbet de Jouy, je réserve mon opinion jusqu'à la découverte de nouveaux documents.

La même résidence contient encore une sculpture très importante que mon devoir m'oblige à revendiquer pour le Louvre, parce qu'elle lui appartient et est inscrite sur ses inventaires sous le numéro 1636 ^ : c'est la statue équestre de Henri IV, traitée en haut-relief par Jacquet, pièce capitale que le visiteur ne peut apprécier convenablement dans la chambre trop étroite qu'elle encombre. Les travaux, entrepris pour la salle de spectacle, ayant détruit la cheminée que décorait cette sculpture monumentale, celle-ci a été déposée sur une nouvelle cheminée factice dans le cabinet où on la voit actuellement. Un moulage pourrait donc, sans inconvénient, être substitué à l'original dans cet ensemble postiche, tandis que le marbre viendrait représenter dans les salles de la Renaissance l'époque de Henri IV, qui n'y fait

1. T. 1er, p. 191 et 193. Voici ces textes : « A Pierre Bontemps, imager, pour avoir vacqué à réparer la cire de l'une des pièces d'un des costez du pied dexlre de la figure du Tibre, prêt à jetter en cuivre à la fonte et besongner aux reparemens de la figure du Laocon, et de l'un des bras de la figure d'Appollo, à raison de 20 livres par mois. — A Jean Le Roux dit Picart, imager, pour les mesrnes ouvrai^es, à raison de 20 livres par mois. — A Pierre Bontemps, imager, pour avoir vacqué tant au reparement de la figure du Laocon en cuivre, que à mousler en cire les mousles pour jetter et fondre en cuivre les deux longues pièces de basse taille, pour servir aux deux costés de revestement et ornement de la figure du Tybre, à raison de 20 livres par mois. »

2. Voici comment cette pièce est décrite sur les inventaires du Louvre : « Goujon (Jean, style de). Cheminée dite de Henri IV. Elle est ornée de sculptures et surmontée d'un bas-relief représentant ce monarque à cheval; le tout de marbre blanc. — Hauteur, 3 mètres; largeur, 1™,75. — Palais de Fontainebleau, magasins. »

pas suffisamment figure. N'oublions pas que le Louvre, qui est propriétaire de l'ensemble, possède déjà une partie du monument primitif : ce sont les délicats bas-reliefs * qui concouraient, avec la statue équestre, à former une cheminée d'un très beau caractère (u"' 130 à 15S de la Description des sculptures du moyeu âge et de la Renaissance). Le père Dan ( Trésor des Merveilles de Fontainebleau^ p. 139 à 141) nous en a conservé une description très complète, à laquelle nous emprunterons le passage suivant : « Dans le milieu de cette cheminée, entre les colonnes, est une grande table de marbre noir sur laquelle est la figure et statue à cheval du Roy Henry le Grand à demy-relief et grande comme le naturel ; il est armé et a la teste couronnée d'un laurier, oii, au-dessous de ses pieds, est un casque de marbre blmc, et plus bas, dans un cadre de mesme matière et couleur, est une basse taille oii est représentée la bataille d'Ivry et la reddition de la ville de Mantes... L'ouvrage de celte cheminée est du sieur Jacquet, dit Grenoble, sculpteur fort excellent, oîi il a employé cinq ans au travail de cette rare pièce. »

L'abbé Guilbert, dans sa Description historique de Fontainebleau"^, adonné de cet objet d'art une analyse assez détaillée pour en permettre une complète restitution :

La vaste étendue de vingt toises de long sur cinq de large qui

1. Par uue étrange fortune, un de ces bas-reliefs était allé s'égarer, comme spécimen de minéralogie, à l'École de Saint-Cyr; il n'a été restitué au Louvre qu'en 1851, à la suite d'une réclamation de Léon de Laborde, en vertu du document suivant : «Saint-Cyr, le 18 novembre 1851. — Monsieur le directeur, M. le ministre de la guerre ayant, sur votre demande, autorisé la cession au musée du Louvre d'un fragment de sculpture provenant d'une cheminée du château de Fontainebleau, et qui s'est trouvé transporté à Saint-Cyr avec la Collection de minéralogie, nous tenons ce fragment à votre disposition. Vous pourrez, Monsieur, le faire prendr3, quand vous le jugerez àpropos, à l'Ecole, où il est placé maintenant dans la nouvelle salle des collections scientifiques. Veuillez bien recevoir, Monsieur, l'assurance de notre considération très distinguée. — Pour les membres du Conseil d'administration, le général présideût, Alexandre. »

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