SUR SON MUSÉE
J'avais anDoncé, dans le tome P' de cet ouvrage, publié en 1878 (pp. X et Gxxxvii), que je donnerais en Appendice une édition de la Notice HfÀCcincte de 1793, c'est-à-dire de la première édition, aujourd'hui introuvable, du Catalogiie du Musée des Monuments français. Mon désir n'ayant pas pu se réaliser par suite de circonstances indépendantes de ma volonté, je m'empresse, pour tenir ma parole, de profiter de la première occasion qui m'est fournie.
Leooir a inséré en tête de son CataloguCy dans l'édition de 1816, une courte Notice sur sa vie et sur ses principaux ouvrages. La voici :
« Alexandre Lenoir, administrateur du Musée royal des Monumens français, né à Paris en 1762, d'un marchand des six corps de la même ville^ après avoir terminé ses humanités au collège Mazarin, suivit, en qualité d'élève, les Académies royales de peinture, de sculpture et d'architecture. Disciple de Gabriel-François Doyen^ peintre du roi et premier peintre de Monsieur, il cultiva la peinture jusqu'en 1790, époque où il conçut le projet de réunir, dans un dépôt, tous les monumens des arts qui se trouvoient sans asile par la suppression des maisons religieuses. Le projet, après avoir été soumis à M. Bailly, premier maire de Paris, fut accepté par l'Assemblée nationale; son Comité d'aliénation des biens nationaux, sous la présidence de M. le duc de la Rochefoucault, par un décret spécial^ autorisa M. Lenoir à former la réunion qu'il proposoit, et le constitua Conservateur de ces mêmes monumens et Administrateur du dépôt.
2aa CATALOGUE DU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS
« Pendaul la fareur révolutionDaire, Alexandre Lenoir, aa péril de sa vie (il a été blessé à la main droite d'un coup de baïonnette pour piéserver le tombeau du cardinal de Richelieu, que l'armée révolutionnaire attaquoit vigoureusement), a sauvé de la destruction la majeure partie des monumens i*oyaux et de la monarchie française» dont il fait monter le chiffre à près de 500 : de ce nombre sont ceux qu'il a achetés comme ceux qu'il a arrachés au vandalisme. Ainsi, depuis le 15 octobre 1790, ce qui fait vingt-cinq ans accomplis, il n'a pas quitté le Musée des monumens français, dont il est le créateur et qu'il administre encore sous la surveillance du ministre de l'intérieur.
u Outre la classification, dans des salles particulières, des monumens par siècles et leur restauration, il a coEpposé, fait graver et publier, à ses frais, neuf volumes, dont un in-4, sur l'histoire des monumens français, sur celle de nos arts et de nos coutumes; plus, un grand in-4 sur les costumes étales usages des anciens peuples de l'antiquité; trois volumes syr quelques monumens égyptiens, grecs et romains; un volume de mémoires détachés sur diverses matières, et enfin un ouvrage in-4, intitulé : La Franche-maçonnerie rendue à sa véritable origine^ ou l'Antiquité de la Franche-maçonnerie prouvée par rexplication des mystères anciens et modernes, avec des planches gravées d'après les dessins de Moreau le jeune, dessinateur du cabinet du roi ; il a fait imprimer dix-huit mémoires dans la Collection d'antiquités publiée par la Société royale des antiquaires de France, et près de trois cents articles dans le Dictionnaire universel de Prud'homme; il a donné une explication particulière d'un papyrus égyptien, d'une peinture des tombeaux des rois àThèbes et de la table isiaque ^ »
La plupart des très nombreux ouvrages archéologiques, dans lesquels Alexandre Lenoir a traité avec une égale incompétence des antiquités égyptiennes^ grecques, romaines, indiennes, celtiques et françaises, n'offrent aujourd'hui d'in-
i , Musée royal des Monumens français , ou Mémorial de V Histoire de France et de ses monumens y pai* Alexaadre Leooir. Nouvelle édition. Paris, 1816, in-12, p. 5, 6 et 7.
térêt que pour la biographie de leur auteur. Mais il n'en est pas ainsi des catalogues et des livres publiés sur le musée des Petits-Augustins par son fondateur. Discutable comme savant, Lenoir devient une véritable autorité quand il enregistre, en qualité de greffier, les événements qui se passent dans son administration. Les douze éditions ou tirages de son Catalogue et les nombreuses publications qui les accompagnèrent et les complétèrent forment une histoire vivante de la collection. On ne trouvera donc pas déplacée^ en tête de la réimpression du premier catalogue du dépôt des Petits-Augustins, une bibliographie des ouvrages consacrés par Lenoir à l'étude de ce musée.