‹ Alexandre LenoirChapitre 128 sur 143 · J'en ai fait mettre deux à neuf · texte numérisé non relu

J'en ai fait mettre deux à neuf

98. Ces morceaux, que j'ai sauvés du pillage, étoient relégués dans une cour, entassés dans un coin les uns sur les autres. Comme on vendoit dans cette cour, pour les faire respecter, j'ai fait cou-

248 CATALOGUE DU MUSÉE DES MONUBfENTS FRANÇAIS

quelques tableaux ignorés ou cachés, et que mon zèle pour les arts que je professe et mon dévouement à ma place m'ont fait découvrir et restituer & la nation : comme le peuvent attester des citoyens commissaires de la commission des monumens, parmi lesquels je nomme avec reconnaissance le citoyen Leblond, dont les conseils et Tamitié m*ont été d'un grand secours, et à qui la nation sera redevable de beaucoup d'objets intéressans rassemblés dans ce dépôt.

Parmi ces tableaux que j'ai retrouvés, je regarde comme de conséquence un sur cuivre de Léonard de Vincy, offant une Vierge et l'enfant Jésus. Hauteur, un pied, six pouces, six lignes, largeur, un pied, deux pouces, un des meilleurs de ce maître, aussi pur et aussi frais que s'il sortait de dessus le chevalet.

Un autre sur toile, de Raphaël, représentant Jésus porté au tombeau. Hauteur, cinq pieds quatre pouces ; largeur, cinq pieds, cinq pouces; d'un vigoureux et d'un sublime admirable, quoiqu'il paroisse être des premiers temps de cet auteur.

Un autre sur toile, du Tintoret. Hauteur, neuf pieds, quatre pouces; largeur, onze pieds, dix pouces; représentant le Déluge, où ce peintre surprenant a déployé tout le merveilleux de son génie dans la composition et l'exécution.

Ce tableau, formé de la réunion de plus de trois cents morceaux

vrir le tout de planches, en priant le conmiissaire du département, nommé Le Ginque, d'y apposer le scellé pour les faire respecter jusqu'à ce que je puisse les faire enlever légalement. [Tableau CLttribué à Léonard de Vinci.] Il est maintenant placé dans le Muséum. Trouvé dans un des greniers de Saint-Lazare.

[Tableau attribué à RaphaèL] Il est placé dans le Muséum.

[Tableau de Manflredi.]

Ce tableau, que j'ai trouvé dans un état affreux, avoit été laissé comme mauvais par le citoyen Lemonnier, membre de la commission des monumens.

Le portrait du cardinal Richelieu, dont il est ici question, est sublime. U est de P. Champagne, qui le peignit d'après nature; ce rare morceau, que j'ai pris dans la chambre de la supérieure de ce couvent, avoit été laissé par le citoyen Boizot, aussi de la commission des monumens.

détachés, que j'avois apportés religieusement dans un sac, a été rétabli par les soins du citoyen Guilmar, qui, jusqu'à présent, a restauré les tableaux du Dépôt provisoire^ joignant, au mérite de bien savoir poser, netoyer et enlever une peinture, le talent précieux de toucher ses repeints dans le style et le genre de l'original, comme le public sera à même d'en juger par cette restauration.

Sur toile, un Couronnement d'épines, par Manfredi. Des Annonciades célestes. Hauteur, quatre pieds dix pouces; longueur, sept pieds deux pouces.

Sur toile, le portrait, magnifique pour l'exécution, du cardinal de Richelieu, de l'Abbaye-aux-Bois. Hauteur, quatre pieds un pouce; largeur, trois pieds, etc., etc.

Je m'arrête sur cette note, me réservant d'entrer dans d'autres détails en publiant le Catalogue par ordre chronologique de peinture des trésors nationaux que j'ai été à même de réunir au Dépôt provisoire.

La table de marbre noir, qui est devenue le numéro 98, vient de la colonne de Brissac, des Célestins.

99. Des Mathurins. Deux colonnes de marbre noir veiné, les chapiteaux et les bases de bois doré, d'ordre corinthien. Hauteur, cinq pieds trois pouces; diamètre, huit pouces.

100. Du jardin de Richelieu. Une statue antique, grecque, de grandeur naturelle, de marbre blanc, représentant un Bacchus, de la main droite tenant son thyrse, et de l'autre une grappe de raisin ; sa couronne de lierre est d'une délicatesse et d'un fini inconcevable.

101. Dti même endroit. Deuxième- esclave, en marbre blanc, par Michel-Ange, dont la tête n'est pas totalement achevée.

100. La jambe droite est de restauration, ainsi que la jambe gauche, la cuisse et les deux bras. Mais ces restaurations ont été faites par des Italiens.

iOi. Ce deuxième esclave, par Michel -Ange, est fortement conçu. Son attitude est vigoureuse et tourmentée. 11 semble insulter la divinité. Sa douleur est tonte physique et oppose parfaite-

102. Des Carmélites de la rue S. -Jacques. Deux colonnes de marbre noir, antiques, garnies de chapiteaux et bases de bronze doré, d'ordre corinthien. Hauteur, sept pieds un pouce; diamètre, dix pouces huit lignes.

103. De r Assomption S. ^Honoré. Une Yierge, en marbre blanc, presque de grandeur naturelle.

104. Jardin de Richelieu. Une statue romaine^ en marbre blanc, copiée d'après l'antique grec, représentant un Méléagre.

105. Des Célestins. Une statue, en bronze, représentant la Paix, modelée par Prieur, de la colonne d'Anne de Montmorency.

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