EXTRAIT DU BULLETIN CRITIQUE XXVH
caractère que le gouverDement voulait donner au Musée des Monuments français, est du plus haut intérêt et mérite d'être publiée in extenso. Il n'est pas permis d'ignorer son existence, puisque Lenoir^ dans plusieurs éditions de ses notices, en a fait paraître divers passages et qu'elle est, ailleurs, imprimée tout au long. Une lettre de Bénézech, qui n'est que le corollaire de cette décision ministérielle, a été cependant jugée, parles éditeurs, digne d'être réimprimée dans un des passages les moins curieux, ainsi qu*on peut s'en convaincre en comparant le texte publié autrefois à l'extrait inséré dans les Archives à la date du 7 germinal an IV. Pourquoi des documents sans grande importance, imprimés à profusion par Lenoir dans plusieurs éditions de ses catalogues, sont-ils réimprimés : p. 19, n® XXI, p. 34, n"* XXX, sans aucun renvoi aux textes antérieurs, sans rien pour indiquer que ces pièces ne sont pas inédites? Et, s'il est entré dans le plan des éditeurs de republier ainsi certains textes déjà parus, afin de constituer un ensemble complet des sources du musée de Lenoir, pourquoi les documents les plus considérables sur la matière n'ont-ils pas été, sinon réimprimés, au moins signalés? Comment justifier une lacune du 6 juillet au 11 septembre 1801, quand plusieurs documents, figurant non seulement au dossier, mais déjà publiés, pouvaient servir à la combler? Rien non plus entre la date du 19 ventôse an X et celle du 24 floréal de la même année. Pourquoi les Archives ne parlent-elles pas d'un second groupe de deux enfants attribué par Lenoir à Puget, provenant, suivant la même autorité, de l'église des Minimes de Toulon et appartenant au citoyen Tirol? Proposé le 15 ventôse an X, ce monument fut refusé par Chaptal le 13 germinal de la même année. Pourquoi, à la date du 6 frimaire an XI, la lettre de Chaptal annonçant à Lenoir la nomination deDenon a-t-elle disparu, ainsi que les très curieux renseignements que le
XXVllI AVERTISSEMENT
directeur du musée des Petits-Âugustins nous a laissés sur cet événement? Est-ce négligence? Est-ce parti pris? Pendant le cours delà publication, les auteurs ont judicieusement reconnu qu'il y avait lieu de compléter la réunion des documents formée par Lenoir et d'étendre le cercle des informations. Malheureusement, l'enquête n'a pas été sérieuse et la perspicacité a fait défaut dans le choix des textes ajoutés. Un certain nombre de documents sont suivis de cette mention : tiré des archives de F administration des BeauX'Arts. Cette indication d'origine peut être utile dans quelques cas, mais, dans quelques autres, elle est absolument superflue ; car certains documents, signalés comme découverts dans les archives de l'administration, courent les rues depuis près d'un siècle, et ont été déjà publiés plusieurs fois par Lenoir. Un renvoi à l'imprimé original serait donc non moins utile que la citation de la copie manuscrite. C'est notamment le cas de certains états de dépenses antérieures à l'an XII. II existe quelque part des états imprimés, corrigés à la main et complétés par Lenoir. Mais ce ne sont pas ceux qui ont été trouvés dans les archives de l'administration des Beaux-Ârts. Malheur au document dont le texte imprimé n'a pas été mis, par une copie faite à la main, sous les yeux des éditeurs 1 Celui-là n'aura pas droit aux honneurs de la réimpression. L'état de dépenses de l'an VII n'est pas plus inédit, par exemple, que les états des autres années. Mais il paraît que les archives de l'administration n'en possèdent pas de copie. Tant pis pour lui, il sera réputé ne pas exister. Au contraire, la moindre paperasse imprimée, si le hasard l'a placée sous forme de manuscrit dans certains cartons fortunés, comme les instructions relatives aux restes de Molière, de La Fontaine et de Turenne, p. 141, se verra pieusement recueillie et qualifiée de sa triomphante provenance par son inventeur, bien qu'elle soit insérée depuis 1821