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Tome XII, page

PLAN DU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS D'après Touvrage de Biet.

des travaux de la nouvelle école des Beaux-Arts fît jeter hors des salles et entasser en plein air, dans une cour humide, une énorme quantité de statues et de bas-reliefs, qui demeurèrent ainsi exposés à toutes les intempéries du ciel^ jusqu'à Tépoque de la création des galeries de Versailles, c'est-à-dire pendant près d'un quart de siècle. J'avais quatorze ou quinze ans, quand un jour, mon père, qui portait un grand amour aux monuments de notre histoire nationale, OMCooduisit dans les cours désolées des Petits- Augustins. Il me semida lékt encore le sol tout jonché de débris de sculptures coloriées, de bostes de marbre empilés comme des bûches les uns sur les autres^ de fragments de faïences, de pavés historiés et de vitraux dispersés de tous côtés; les sculptures les plus délicates de Gaillon étamA rangées comme des moellons. Je considérais de loin, avec une singulière curiosité, à travers les fentes des palissades, de grandes figures agenouillées, revêtues de manteaux fleurdelisés que j'ai reconnues depuis à Versailles. Ce triste spectacle ne s'est point effacé de ma mémoire. Les monuments ainsi traités subirent d'irréparables dégradalions, dont les traces ne sont encore que trop apparentes sur ceux qui ont survécu à tant de vicissitudes. »

Le même savant, dans la Monographie de Saint-Denis \ avait déjà éloquemment protesté en s'exprimant ainsi : « L'ordonnance de 1816 avait un côté moral; la décence publique réclamait le rétablissement des tombeaux profanés pendant la Révolution. Mais, comme toujours, les exécuteurs subalternes allèrent au delà des volontés du maître. On mit un acharnement incroyable à effacer jusqu'à la dernière trace du Musée des Monuments français. Pour faire la place libre à la nouvelle école des Beaux- Arts, on précipita pèle-môle dans les cours les tombeaux et les statues. Depuis 1793, pareille chose n'était pas ar«

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