‹ Alexandre LenoirChapitre 49 sur 143 · Pages 103 et · texte numérisé non relu

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SALLE d'introduction DU MUSÉE DES MONUMENTS FRÂNÇA}S (P&EMli&I vue)

Fac-similé d'ane planche de l'ouvrage de Biet.

rivée; les jeunes gens qui venaient en ce lieu étudier les principes de Tart avaient ainsi sous les yeux l'exemple du vandalisme le plus brutal et du mépris le plus effronté pour les œuvres des grands artistes français. Honte à ceux, quels qu'ils soient, qui se sont rendus coupables d'actes pareils I Je me souviens d'avoir ramassé aux Petits-Âugustins, dans mon enfance, des fragments de dais peints, dorés et incrustés de verroteries dont Taspect élégant rejouissait déjà mes yeux; à travers les intervalles des palissades de planches, j'apercevais, au milieu des hautes herbes, de graves figures revêtues de longs manteaux fleurdelisés ; je me rappelle encore l'émotion que produisait en moi ce triste spectacle, auquel se montraient complètement indifférents architectes et professeurs. Les hommes qui avaient arraché tous ces monuments à la destruction étaient réduits à d'amers et stériles regrets ; ils n'avaient pas le droit de se faire entendre. Pendant plus de vingt-cinq ans, des statues que, de nos jours, le musée de Versailles a recueillies, restèrent exposées à toutes les injures de l'air, et, aujourd'hui encore, à l'École des Beaux-Arts, des magasins, des cours ignorées du public et des caves, sont remplis de débris dont chaque jour il périt quelque chose. C'est ainsi que, dans notre pays, on traite les monuments. »

L'emploi de certains fragments de sculpture, imaginé par Duban lors des derniers travaux de décoration exécutés dans la cour de l'École des Beaux -Arts, fut une juste réhabilitation de ces nobles débris, mais ne contribua pas à en assurer la conservation. L'exposition en plein air continua de compromettre leur existence. Cependant, avant de récriminer, il convient de faire l'histoire de ces monuments. S'ils avaient été bien compris et tous reconnus, ils auraient déjà trouvé des protecteurs assez puissants pour les sauver. L'ignorance où l'on était, jusqu'à ces derniers temps, sur leur provenance exacte et sur leur valeur les a fait injuste-

SALLE d'introduction DU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS

(diuxièmi vuk) Fac-similé d'une planche de l'ouvrage de Biet.

ment négliger. Les inconnus n'ont pas d'amis. Mais vienne un généalogiste, et les ignorés de la veille, dûment qualifiés, compteront des flatteurs.

Voyons d'abord ce que Lenoir avait légué aux générations qui suivirent la sienne et dont celles-ci n'ont pas su profiter. Voici comment le fondateur du Musée des Monuments français résumait, en tête de son catalogue de 181S, l'état des travaux entrepris par lui au Musée des Petits*Âugustins ^ :

« Le Musée des Monuments français fixe depuis longtemps l'attention des artistes et de tous les amateurs nationaux et étrangers. Cet établissement, vraiment national, a été commencé, en 1790, par M. Alexandre Lenoir. Depuis cette époque, cet administrateur n'a cessé, souvent au péril de sa vie, dans les temps désastreux de la Révolution, de l'enrichir de monuments qui eussent été, sans lui, la proie d'un vandalisme destructeur. Il est parvenu, par un zèle constant et soutenu, à réunir, dans le Musée, près de cinq cents monuments de notre histoire, malgré les obstacles sans nombre, de toute espèce, qu'il a eu à vaincre.

(( On sait que les monuments de ce musée sont disposés, par ordre chronologique, dans des salles ornées des princes et des personnages célèbres de l'époque à laquelle chacune

1. La notice qu'on va lire, avec la signature A.-L.-N., avait déjà paru, en 1814, à part, avec ce titre : Musée royal des Monumens français; Notice sur V état actuel de ce musée, consacré à T histoire de la monarchie française, ainsi qu'à celle de Vart en France, Paris, 1814, avec planches tirées du grand ouvrage du Musée des Monumens français. Le texte que nous réimprimons est celui de 1814, par des interpolations postérieures. Cette notice avait même, à l'état d'embryon, été publiée dès 1809 dans le tome IV des Mémoires de V Académie celtique, p. 39 et suiv., sous le nom d'Éloi Johanneau et le titre : Coup d*œil sur l'état actuel et futur du Musée des Monumens français, consacré à Vhistoire de Vart en France, par M. Éloi Johanneau» Mais, au bas d'un exemplaire du tirage à part ou de la réimpression de cet article, qui a sept pages, on lit la note suivante, écrite de la main de Lenoir s t( C'est moi qui ai fait l'article, m

SALLE DU TREIZIÈME SIÈCLE AU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS Fac-similé d'une planche de l'oaTrage de Blet.

d'elles est consacrée, et décorée avec Tarchitecture convenable à chacune des époques. Cette heureuse classification, par siècles, de tous les monuments de ce musée, facilite singulièrement les observations de l'artiste, de l'historien ou de l'amateur instruit, et fait de ce musée une véritable histoire monumentale de la monarchie française. Aussi les peintres, les sculpteurs, les graveurs, les architectes et les décorateurs, viennent tous les jours y étudier l'histoire et les progrès de Tart, ainsi que les costumes civils et militaires des différents Ages de notre monarchie. Enfin, les statues, les bas-reliefs, les bustes et les vitraux, qui concourent à l'ornement du musée, ont entre eux des rapports si directs avec les faits historiques auxquels ils se rattachent, qu'on ne saurait soustraire une seule pièce de la collection sans nuire à l'ensemble général qu'elle présente.

a La célèbre collection de Westminster, la seule que Ton pourrait opposer à celle établie par M. Lenoir, est loin de présenter une suite aussi considérable de monuments et une chronologie aussi bien suivie; les Anglais, eux-mêmes en conviennent, car l'administrateur du musée fait remonter la première époque des monuments qu'il a réunis au temps de Clovis 1", et il la suit d'âge en âge, toujours avec des monuments authentiques, jusqu'à Louis XVI, dont il possède un très beau marbre.

§ l®' — Travaux du Musée terminés.

(( Déjà sept salles de ce bel établissement sont terminées. Ce sont : 1* celles du treizième, du quatorzième, du quinzième, du seizième et du dix-septième siècles ; 2"* la salle d'introduction, qui renferme des monuments de tous les siècles, placés chronologiquement ; 3* une autre salle dans laquelle on a élevé et restauré le beau et magnifique monument élevé à la mémoire de François P'', le restaura-

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