‹ Alexandre LenoirChapitre 51 sur 143 · SALLE DU QUATORZIÈME SIÈCLE AU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

SALLE DU QUATORZIÈME SIÈCLE AU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS

(beuxièmb vue)

Fac-similé d'ane planche de l'onvrage de Biet.

basilique que Pierre de Montereau avait construite pour saint Louis. Déjà une partie de ce monument est élevée et restaurée.

« Ces cours, construites et décorées chacune dans le goût et le style de celui des trois siècles auquel elle est consacrée, mènent è un jardin planté d'arbres et d'arbustes et orné de monuments, lesquels serontvus de la rue des Petits- Augustins, lorsque le plan général de M. Lenoir sera exécuté. 11 a eu l'art, dans son projet, de ménager des percées agréables qui faciliteront, d'un coup d'œil, la vue de tous les monuments qu'il a réunis. Le jardin, planté avec autant d'art que de goût, peut être considéré comme un élysée, puisqu'il renferme, non seulement les statues de plusieurs rois et guerriers célèbres, mais encore les cendres des hommes de lettres les plus illustres dont la France s'honore, tels que Molière, Boileau, La Fontaine, Mabillon, Descartes, Montfaucon, Rohault, Héloïse et Abailard. M. Lenoir a honoré leur mémoire par des monuments simples, mais intéressants par la composition et la sévérité du style qu'il a su adapter au genre qui convenait à chacun d'eux. Des fleurs éparses, çà et là, opposées à des cyprès, à des ifs, à des saules pleureurs et à des peupliers, groupent ces monuments funèbres qui provoquent le regret et l'admiration.

« Il entre aussi dans les projets de M. Lenoir de recueillir tous les modèles des monuments de sculpture que l'on exécute pour le gouvernement. La salle qui y sera consacrée sera appelée la chambre du dix-neuvième siècle.

« S. E. le Ministre de l'Intérieur, applaudissant au projet qui lui a été présenté par M. Lenoir, a arrêté, le 11 mars 1806, que tous les modèles des ouvrages nouveaux de sculpture ordonnés par le gouvernement seraient déposés au Musée des Monuments français. Cet arrêté a déjà été mis à

SALLE DU QUINZIÈME SIÈCLE AU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS Fac-similé d'ane planche de l'oaTrage de Biet.

exécution, et plusieurs artistes se sont empressés de faire transporter au musée leurs modèles.

<( II y a donc lieu d'espérer que ce musée unique en Europe, par le genre, le nombre et la classification des monuments qu'il renferme, sera bientôt terminé si S. M. daigne la prendre sous sa royale protection et si elle désire y voir le complément de l'histoire de l'art en France,

§ m. — Moyen d'augmenter et d'enrichir le Musée.

(( On pourrait augmenter encore la collection du Musée des Monuments français en faisant voyager M. Lenoir dans les départements pour recueillir tous les monuments de l'histoire de la monarchie française que la révolution a déplacés et laissés à l'abandon. Ces monuments se détruisent faute d'entretien ou perdent tout leur intérêt par leur déplacement et par leur isolement. On pourrait les obtenir à peu de frais des communes et des particuliers.

« Il est bien à désirer pour l'histoire et le progrès des arts, ainsi que pour la gloire de la France, que tous ces projets s'exécutent. Rien n'est plus capable, surtout aux yeux des étrangers qui viennent tous les jours en foule visiter le Musée royal des Monuments français, de leur inspirer une haute idée, et de l'état actuel des arts en France, et de la protection éclatante que leur accorde un roi chéri, éclairé, régénérateur et longtemps désiré.

A cette adresse de Lenoir, la réponse du gouvernement fut le stupide décret rendu, le 18 décembre 1816, pour supprimer le Musée des Monuments français*. Mais les fonc-

i. «Peu de jours après la visite du duc d'Ang^uIème», dit M. AUou dans les Mémoires de la Société des antiquaires de France, tome XVI, p. xvii et suivantes, « parut J'ordonnance à jamais déplorable du 24 avril 1816, prélude

SALLE DU SEIZIÈME SIÈCLE AU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS (PRVMIÈRl vue)

Fac-similé d'une planche de Tonvrage de Biet.

tionnaires imbéciles et coupables gui prescrivirent cette mesure antipatriotique avaient compté sans le spectre de leur victime. L'École des Beaux-Arts ne cessera jamais d'être hantée par les revenants des Petits- Augustins.

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