‹ Alexandre LenoirChapitre 52 sur 143 · LA COUR DE L'ÉCOLE · texte numérisé non relu

LA COUR DE L'ÉCOLE

Franchissons, sans transition, l'espace qui sépare l'année 1816 de l'année 1R86, et voyons ce qui reste de l'œuvre de Lenoir aux ci-devant Petits-Augustins. Quand on pénètre dans la cour, le portail d'Anet* est là, toujours à sa place, à droite. Deux des statues que Lenoir y avait ajoutées, Diane et Apollon, n'ont pas quitté leurs niches*. Lui-

de celle du 18 décembre guivant^ qui consomma la destruction totale du Musée des Monuments français. Soit que cette catastrophe fût l'accomplissement d'une volonté suprême, à laquelle le ministre dut céder, soit qu'elle fût l'œuvre de l'inspiration même de celui-ci, il est vraiment impossible de comprendre comment on a pu exécuter de sang-froid un tel acte de vandalisme. S'il était au sein de la capitale un monument, une institution publique qui dût mériter la protection toute spéciale et les encouragements du gouvernement nouveau, c'était assurément cette réunion unique au monde de souvenirs religieux, tombeaux et statues des hommes les plus célèbres de notre histoire, débris vénérables du moyen âge, tous sauvés comme par miracle et au prix de tant de fatigues et de dangers. Qui donc se serait étonné de voir le gouvernement de Louis XVIII encourager, enrichir une si précieuse collection et en récompenser royalement le fondateur ?»

1. Sur la façade du château d'Ânet et sur l'acquisition de ce monument, voyez : Musée des Monumens français, t. IV, p. 44 à 53, 57 et 58, 201 et 202 ; — Alexandre Lenoir, so?i journal et le Musée des Monuments français, t. I", p. cxxix, cxxx, CXL, et n»» 728, 904, 931, 954, 956, 957, 1047, li22, 1137; —A. de Caraman, le Château d'Anet. Paris, 1860, in-i2 ; — P.-D. Roussel, Description du château d'Anet, 1870, in-folio; — A. de Montaiglon, Diane de Poitiers et son goût pour les arts, notes sur le château d'Anet, 1879, in-8.

2. Les quatre autres statues ajoutées par Lenoir à la façade d'Anet, après avoir été retirées, lors de travaux entrepris par Duban, ont été placées au rêvera de l'arc de Gaillon. Lenoir parlait ainsi de l'ensemble des six statues dans le tome IV du Musée des Monumens français, p. 53 : « Plusieurs figures, en marbre blanc, représentant Diane, Apollon, Méléagre, Vénus, Frutis et Gérés, dont les formes rappellent parfaitement celles des statues grecques, remplissent les six niches de Tentre-colonnement de l'ordre dorique, » etc.

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