T. XXIX, 2e période, p. 504 et suiv
2. Ce mot est la traduction du nom de Paganino, porté par Guido Mazzone.
FRAGMENT DE LA DÉCORATION DE LA DEUXIÈME COUR DE L'ÉCOLE. Deuxième panneau à gauche.
tairement cette erreur? Toujours est-il qu*oQ lit dans les comptes édités par M. Devîlle (p. 274) ce qui suit :
Marché fait par M. de Genly à Michellet Loir, tailleur de pierre de taiUe, selon le patron qui lui a esté baillé, signé de M. de Genly, de la pierre de Yemon qui lui sera livrée, de mectre entour neuf anticquaUles envoiées par Prégent, qui seront assises sur la tarasse haulte moiennant la somme de quatre livres tournois que ledit Blichelet doyt avoir pour chacune, et n*est tenu de rien livrer sinon peine d'ouvrier, pour ce, ci XXXVI £. — Payemens sur ce : Audit Michellet Loir, sur ce qui lui peut ou pourra estre deu sur le tour des antiques qui seront assises sur la tarasse, par quictance du premier avril V« et sept, VIII £., etc. — A lui, sur le tour des médailles qu'il fait asseoir sur la tarasse, par quittance du zv« avril V« et sept, XIII £.
On sait quel fut le sort du château de Gaillon pendant la Révolution. Les principaux monuments qui n'avaient pas été brisés furent adjugés à des marbriers ou à des brocanteurs et revendus ensuite à Lenoir ^ Quant aux médaillons de marbre qui nous occupent, ils entrèrent au Musée des Monuments français dans les conditions suivantes :
Du 14 fructidor an X. Fourni à M. Lenoir, pour le Musée des Monuments français, par Gorhel, marbrier, rue Basse-du-Rempart, Chaussée-d'Antin, n® 360, quarante-deux médaillons en marbre blanc sculptés et représentant des empereurs, provenant de la cour du château de Gaillon, à 15 francs pièce, valeur 630 francs.
Pour payement cy-dessus, reçu une colonne en marbre noir de Diuant avec astragale et mouchette emporté (sic). Dont quittance ledit jour, quatorze fructidor an dix. Coebel.
Lenoir plaça les médaillons venant de Gaillon dans deux endroits différents de son musée, dans la cour et dans la salle du quinzième siècle. Le même Lenoir dit, dans le Catalogue de 1810, p. 216 et 217, à propos de la restauration du château de Gaillon : « N^ S38 bis. La seconde cour du
i. Voyez Alexandre Lenoir, son journal et le Musée des Monuments français^ t. !•', p. CXLI.
bu "^
SI
musée. •• est totalement composée avec les ruines da di&teao de Oaillon... Cette cour est composée de quatre façades ornées d'arabesques, etc. Dans le milieu des trumeaux sont placés douze médaillons de la plus riche ordonnance» cootenanty en façon de camée, les bustes en marbre des empereurs romains. Ces médaillons sont placés de manière qu'ils tournent régulièrement autour de la cour. Cette galerie servira de passage à une salle qui sera construite sur le terrain auquel elle sert de façade. Dans le même Catalogue de 1810, p. 206 et 207, Lenoir, parlant de la salle du quinzième siècle, s*est exprimé ainsi : « Enfin, l'ensemble de cette salle montre Teffet que l'on peut produire en décoration avec de vieux détails adroitement appliqués. Les pilastres extérieurs donnant sur le cloître sont ornés d'arabesques et de médaillons en marbre provenant du château de Gaillon. On y voit Anne de Bretagne, représentée en Minerve, et Louis XII en Mars ; leurs casques sont ornés d'arabesques très légers ^ ; les deux autres médaillons représentent, l'un Galba, et l'autre Yespasien. » On remarque, en outre, dans les planches des Vues pittoresques et perspectives des salles du Musée des Monuments français^ par Réville et Lavallée^ d'autres médaillons tirés de Gaillon et utilisés par Lenoir à la décoration de son musée. Quelques-uns, à partir de 1806, furent compris sous le numéro 233 du Catalogue.
Tous les médaillons provenant de Gaillon ne sont ni de la même main, ni de la même valeur d'art. La majeure partie d'entre eux a été exécutée évidemment en bloc, comme des objets de pacotille, et ils visent, en quelque sorte, à être de véritables contrefaçons de médailles anti-^ ques. Ils imitent ceux qui sont employés en si grand nombre dans la décoration de l'architecture du nord de l'Italie. On s'explique alors parfaitement l'erreur ou se-
1 . Nous aurons l'occasion de revenir plus loin sur ces deux bas-reliefS;