TOMBEAU DE PIERRE DANS LÀ CHAPELLE DE BRAQUE, A DROITE
DANS l'Église de la mercy, a paris »
Fac-similé d'an dessin de Gaignières conservé à Oxford.
de Senlis n'était pas la seole femme qui eût reçu une place dans ce mausolée. Nicolas 'Braque ayant épousé en premières noces Jeanne du Tremblay, morte en 1352, celleci reposait paiement dans la même sépulture, et son effigie avait été sculptée sur le même monument. En effet, nous savons pertinemment que la figure de Nicolas Braque avait été mise sur son tombeau entre les statues de ses deux femmes. C'est ce que Corrozet' nous a appris en disant, dans les diverses éditions de ses ArUiquùés, à propos de la chapelle de Braque : « A costé du grand autel est une autre chapelle oii est un sépulchre avec trois effigies d'un homme et de deux dames. Les épitaphes sont telles :
« Cy gist noble et puissant seigneur messire Nicolas Braque y jadis seigneur de S. Morisse et de Chastillonsur^ Loingy conseiller et mmstre d'hôtel du Roy nostre sire^ qui trespassa [fan] mil ccc IxxxvHj^ le treizième jour de d'aoust.
« Madame Jeanne de Tremblay, jadis femme dudict sieur qui trespassa tan mil ccc lij^ le xiij'' four de septembre.
« Madame Jeanne la Boutillere de Senlis j jadis femme dudict sieur j qui trespassa l'an mil ccc Ixxvi, le xiij* four de mars. »
Le tombeau de Nicolas Braque, dont l'état primitif est encore constaté par Corrozet et par son continuateur, N. Bonfons, à la fin du seizième siècle ', ne se maintint pas longtemps intact. Un accident ou un remaniement eut lieu vers le commencement du dix-septième siècle. Le P. du Breul, dans son Théâtre des antiquitez de Paris, 1612, p. 8S8, nous fait savoir que l'inscription mentionnant les noms des trois personnages enterrés dans la cha-
\. Les Antiquitez t chroniques et singiUaritez de Paris, 1561, fol. 130 verso et 131 recto.
2. Les Antiquitez, chroniques et singularitez de Paris, 1586, fol. 134 recto.
FRAGMENT DE LA DÉCORATION DE LA DEUXIÈME COUR DE L'ÉCOLE Troisième panneau, à droite»
pelle se lisait toujours sur le monument, mais qu'on n'y voyait plus que la statue d'une seule des deux femmes. <( En la dicte chapelle, » dit du Breul, « à main droite est un tombeau qui fut érigé pour lui (Nicolas Braque) et pour sa FEMME, sur lequel leurs figures sont représentées couchées et toutes plates. »
Quelle était la figure qui avait disparu? Celle de Jeanne du Tremblay ou celle de Jeanne Le Bouteiller de Seniis? Rien ne peut nous éclairer d'une manière positive. La tradition semble dire que c'était la statue de Jeanne Le Bouteiller de Seniis qui avait survécu, sans que nous puissions établir sur quoi s'appuyait cette tradition. Cette opinion put être recueillie à la fin du dix-septième siècle quand Gaignières fit dessiner, pour ses recueils, les deux statues du tombeau de Nicolas Braque. Il est donc possible que la statue, dont un fragment est conservé à l'École des Beaux- Arts, ait été celle de Jeanne Le Bouteiller de Seniis. Mais un seul fait est certain : ce monument provient de la chapelle de Braque; il représente l'une des deux femmes que le conseiller de Charles Y avait épousées et dont les effigies reposaient à côté de lui sur son tombeau.
TfoisUme panneau, à droite.
Toutes les sculptures de ce panneau proviennent de Gaillon, à l'exception du casque et des gants de marbre et de deux petits génies de même matière. Le casque et les gants doivent être ceux qui, séparément, étaient posés audessus du tombeau d'Anne de Montmorency arrangé par Lenoir. Conférez Biet, Souvenirs du Musée des Monumens français^ Reville et Lavallée, Vues pittoresques et perspectives du Musée des Monumens français \ Millin, Antiquités nationales y tome I", n^ III, pi. 14, p. 71, ainsi qu'un volume de Gaignières du Cabinet des Estampes.
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FRAGMENT DE LÀ DÉCORATION DE LA DEUXIÈME COUR DE L'ÉCOLE Quatrième panneau^ à droite.
Le petit génie de gauche avait été employé par Lenoir au tombeau de Madame de Clermont-Tonnerre, n'' J15 du Musée des Monumens français , tome III, p. 140.
Le génie de droite rappelé, par sa pose, le Génie écrivant placé sur le tombeau de Zamet, dans l'église des Célestius de Paris. Conférez Millin, Antiquités nationalesy Célestins, n"" 6, p. 32, a"" ill; mais le Génie du tombeau de Zamet était de bronze.
La niche, pareille à celle qui est fixée sur le troisième panneau de gauche, vient probablement de Gaillon, car elle ressemble beaucoup à un édicule gravé dans l'album qui accompagne les Comptes de dépenses publiés ^bt M. Deville. Cependant, nous croyons devoir rappeler que le numéro 322 du catalogue de Lenoir, en 1806, désignait « une niche en pierre, ornée d'arabesques exécutée en 1507 sur les dessins de Jean Joconde cordelier et architecte du roi Louis XIL Ce monument formait l'angle du pont Notre-Dame du côté de l'église Saint-Denis de la ChAtre ». On voit une troisième niche dans le jardin de l'École. Peut-être, une des niches conservées à l'École des Beaux-Arts correspond-elle au numéro 322 du catalogue de 1806? Ce numéro ne se retrouve pas en nature parmi les débris du musée des Petits-Augustins. Toutefois, je n'affirme rien.
Quatrième panneaUf à droite.
Tout ce panneau est encore formé de fragments des constructions du château de Gaillon, à l'exception d'un buste d'homme en marbre, longtemps fixé ici, récemment porté dans la chapelle, et dont nous parlerons ci-après en traitant des monuments contenus dans cette salle.
Je n'ai pas à revenir sur le beau médaillon de Mars, gravé dans la planche 80 du Musée des Monumens français j après ce que j'en ai dit à propos du buste de Minerve, appliqué sur le deuxième panneau, à gauche.
FRAGMENT DE LÀ DÉCORATION DE LÀ DEUXIÈME COUR DE L'ÉCOLE Cinquième panneau, à droite.
Cinquième panneau, à droite»
Les deux lions de marbre^ sculptés en bâs-relief, étaient entrés aux Petits-Âugustins avant 1793. Ils proviennent de l'église Saint-Jean-de-Latran à Paris, et sont attribués par Lenoir à François Ânguier {Jowmaly n^" 104). Ils avaient été placés par Lenoir au-dessus de la porte d'entrée de la salle du dix-septième siècle. Ils sont gravés dans les Souvenirs du Musée des Monuments français et dans les Vues pittO" resques et perspectives. Ils porl^ent le numéro 2S4 du catalogue depuis Tan VI jusqu'en 1806.
On voit au-dessous une ligne de caissons et mascarons tirés de Gaillon. Une ligne, composée des mômes éléments, est répétée au bas du panneau. Des mascarons semblables sont gravés dans les planches 78 et 80 du Musée des Monumens français et avaient été employés par Lenoir, comme motifs de décoration dans la salle du quinzième siècle, notamment à suspendre des médaillons venant également de Gaillon.
Les fragments de pilastres, qui se trouvent au-dessous, sont tirés de la chapelle de Commynes, aux Grands-Augustins.
Le plafond inséré au milieu du panneau vient vraisemblablement d'Écouen. Nous en avons parlé ci-dessus à propos du premier panneau de gauche.
Les trois derniers panneaux, à droite.
Tombe plate de Jean Disse ou de Jean Caisse mort en 1350 (la lecture du nom est incertaine). Cette dalle funéraire, longue de 2 mètres 88 centimètres, large de 1 mètre 40, est en pierre, et le travail de gravure qui la décore est de la plus grande beauté; on en jugera par le fac-similé d'une gravure exécutée d'après un dessin de M. Fichot. Elle provient du
cloître de l'abbaye Sainte-Geneviève et n'avait pas été classée aux Petits-Augustins, ou, du moins, elle ne figure pas dans
Tombe de' Jean Disse , chaDoine de Notre-Dame de Noyon , provenant de l'abbaye Sainte-Genevièye.
les diverses éditions du catalogue de ce musée. Elle n'est mentionnée ni dans les descriptions imprimées ni dans les épitaphiers manuscrits de la Ville de Paris.
«Millini>,dit le baron de Guilhermy dans les Inscriptions
delà France^ tome I, p. 36(, «est le premier qui ait reconnu la valeur de ce monument. Lorsqu'il visita l'abbaye pour préparer les éléments de la notice qu'il en devait insérer dans les Antiquités nationales^ il remarqua dans une cour attenante au cloître et conduisant au jardin plusieurs tombes enlevées de différentes parties du monastère, entassées sans ordre et déjà endommagées par l'intempérie de l'aire Deux surtout fixèrent son attention par la richesse de leur dessin et par leur état de conservation. La plus importante était celle dont nous nous occupons en ce monrent... Quant à la première, Alexandre Lenoir en obtint la translation dans son musée. Elle y entra trop tard sans doute pour être classée, car elle ne figure pas dans les catalogues. Â Tépoque de la dispersion des monuments réunis aux Petits- Augustins, on eut l'imprudence de la déposer dans la cour d'entrée. Il nous semble la voir encore adossée à un pilier de la façade du château de Gaillon. Des ouvriers maladroits la heurtèrent un jour en remuant des matériaux ; elle fut renversée et brisée en plusieurs morceaux. Les débris en ont été rajustés avec soin. » On lit autour de la dalle: Hicjacet magister
Johannes dictus diocesis pictavensis quondam canO'
nicus et cancellarius ecclesie béate marie noviomensis qui obiit anno domhii millesimo trecentesimo quinquayesimo terda die junii. Credo quod redemptor meus vivit et in novissimo die de terra surrecturus sum et in came mea videbo Deum salvatorem meum. Cf. également la Statistique numomentale de Paris ^ Sainte-Geneviève, tome I, pi. XVIIL Au-dessous de la dalle de maître Jean Disse ou Caisse se voient des chapiteaux romans provenant de Sainte- Geneviève, dont l'un, celui du dessus, est gravé dans le Musée des Monumens français^ tome Vil, pi. CCXXXIII, et dans la Statistique monumentale^ dossier de Sainte- Geneviève, pi. XL