‹ Alexandre LenoirChapitre 84 sur 143 · K| PI Ë · texte numérisé non relu

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BAS-RELIEF PROVENANT DE LA COUR DU LOUVRE, AUJOURD'HUI A L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS

Fac-similé et rédaction d'one graynre de Baltard.

le Louvre, loin d'avoir rien à réclamer, aura au contraire besoin de se défendre contre l'encombrement. Il sera pris d'assaut par les invalides du Musée de Lenoir, s'il en reste encore au moment de la levée en massa. En attendant, je propose au lecteur de continuer notre promenade et de pénétrer dans le jardin réservé de l'École.

Sous les grands platanes, et couvertes de leur ombre funeste nous voyons les belles sculptures qui jadis, dans la cour du Louvre, décoraient l'attique détruit par Percier vers 1806 pour terminer la cour telle qu'elle est aujourd'hui. Ce n'est pas Alexandre Lenoir qui est responsable de cette barbare exposition en plein air. En les recueillant, il avait commencé par abriter ces vénérables débris du vieux Louvre K Les frontons du Louvre portaient au Musée des Monuments français le numéro S64 du catalogue à partir de 1810, et avaient été fixés sur les murs de la chapelle convertie par Lenoir en salle d'introduction. A propos de la description de cette salle, en tête du catalogue de 1816, « on voit dans l'archivolte», disait Lenoir, <( huit grands bas-relie& du plus grand style sculptés en pierre, à ce que l'on croit par Ponce Jacquio, d'après les dessins de Pierre Lescot. Ces beaux bas-reliefs, tirés de l'ancienne façade du Louvre que l'on a démolie, représentent : l*" la Religion sous la figure d'un vieux prêtre et d'un jeune homme faisant des sacrifices; 2*" la Justice ou la rigoureuse impartialité sous les figures de Zaleucus et de son fils qui se crèvent avec la pointe d'un

1. « Mémoire de dépense pour le transfert des grands bas-reliefs provenant des frontons du Louvre, transportés et rangés en ordre au musée des monumens français, avec pose dans la salle d'introduction, au-dessus du mausolée du cardinal Mazarin. — Je, soussigné, Alexandre Lenoir^ administrateur du Musée des Monumens français, certifie et atteste qu'il a été transporté du Louvre divers morceaux sculptés en pierre par Jean Goujon, provenant de la démolition des frontons du côté de la rivière ; que lesdits morceaux ont été replacés et restaurés dans le musée, le tout conformément aux divers arrêtés pris à cet égard par S. E. le ministre de l'intérieur, sans rien préjuger des sommes et des prix portés au présent mémoire, qui devra être réglé par qui de droit. Fait à Paris, le 28 novembre 1807. — Lenoir, »

poignard, l'un ToBil droit et l'autre Tœil gauche ; S*" la charité romaine; 4Me fils du juge prévaricateur rendant un jugement, assis sur la peau de son père que Cambyse, roi de Perse, avait fait écorcher ; S"" deux soldats romains. Nous avons réuni ici ces divers sujets, de manière à ne formera l'oail qu'un seul et unique bas-relief; mais ils sont divisés par un cadre, propre à terminer chaque scène représentée » • Il faut consulter sur ces bas-reliefs l'ouvrage de Baltard : Paris et ses monuments^ dont nous reproduisons quelques gravures en fac-similé.

Il y a trente-cinq ans qu'un juge compétent, le marquis de Laborde, a déclaré que la place de ces bas-reliefs était au Louvre, ainsi que la lettre suivante en fait foi :

Paris, 26 novembre 1851.

Monsieur le Directeur général,

Lorsque Tattique du Louvre fut terminé par MM. Percier et Fontaine, on supprima la portion de cet attiquo qui avait été exécutée au seizième siècle sur la façade Nord, et les huit grandes figures en bas-relief de Paul Ponce furent envoyées au Musée des Petits-Augustins. Plus tard, M. Duban les encastra dans un mur de rÉcole des Beaux-Arts. 11 est logique et convenable que ces fragments curieux rentrent dans les salles de la sculpture au Louvre, et qu'ils soient exposés à une hauteur où leurs défauts se dissimulent en même temps que se montreront leur qualité de sculpture monumentale. Les quatre tympans des arcades dans les salles de Jean Goujon et de Jean de Douay conviennent parfaitement et comme hauteur et comme époque à ces ouvrages de Paul Ponce. Une grande figure au milieu de chaque tympan ; et, dans les salles de Jean Goujon, chacune de ces figures flanquée de deux autres plus petites. Je suis persuadé que ces grands bas- reliefs feront un effet imposant dans un espace qu'il sera autrement toujours très difficile de remplir.

Agréez, Monsieur le Directeur général, l'assurance de ma haute considération. Léon de Laborde.

Au-dessous, j'aperçois un excellent ouvrage de François Anguier. C'est la meilleure partie du célèbre mausolée de Jacques- Auguste de Thou, autrefois dans l'egliéè Saint-

lie LES DÉBRIS DU MUSÉB DES MONUMENTS FRANÇAIS

Ândrë-des-ÂFcs, divisé actuellement entre trois établissements diSêrents. Le Louvre possède la figure du président et le bas-relief de bronze représentant l'Histoire. Les deux

Bas-reliefs provenant de la cour dn LouTre, aujourd'hui à l'École des Beaux-Arts.

femmes du fameux jurisconsulte ont été oubliées à Versailles (n"" 2818 et 2819 du catalogue), mais elles viendront bientôt rejoindre leur mari dans les salles de la Renaissance. Le sarcophage et les deux belles figures d'hommes nus gui l'accompagnent, formant actuellement la part de l'Ecole

des Beaux-Arts, seront bien forcés de prendre avant peu le même chemin. Il faut espérer que notre éminent confrère le baron de Guilhermy n'aura pas réclamé en vain pendant

Bas-reliefa provenant de la conr du Louvre, aujourd'hui

près de trente ans le sauvetage de ce monument ^ et que le vœu du marquis de Laborde pour son transfert définitif au Louvre sera enfin exaucé ^ Lenoir, après les avoir ache-

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