Annales archéologiques, t. XIV, p
2. Lettre du marquis de Laborde au directeur des musée» naUonaux :
tés au démolisseur de l'église Saint-André-des-Ârcs, par suite d'une autorisation ministérielle en date du 2S floréal an IX,avaitmélangé les débris du tombeau de Christophe de Thou à celui de Jacques-AugustedeThou,afin de ne former qu'un seul mausolée S décrit sous les numéros 165 et 166 du catalogue des Petits-Âugustins et gravé dans la planche
« Paris, le 26 aoTembre 1851. — Monsieur le directeur général, on a rapporté de l'École des Beaux-Arts le bas-relief en bronze du tombeau de de Thou, le célèbre historien; mais on y a laissé son sarcophage et les deux figures qui lui sonent de support. Je vous prie de demander l'autorisation de foire rentrer au LouYre ce complément indispensable d'un monument funéraire dont nous avons déjjà la statue et le ba»-relief. Agréez, Monsieur le directeur général, Tassurance de ma haute considération. Léon de Labobdb. »
1. Alexandre Lenoir^ son Journal et le Musée des Monuments français, 1. 1*', p. 162, n* 1065. Les restaurations commandées par Lenoir pour ce monument ont été exécutées par le citoyen Lamothe. On lit dans le tableau desdépenses faites au Musée des Monuments français (Catalogue, édition de l'an X}... : c 27® Restauration de plusieurs monumens, façon d'une couronne pour celui du président de Thou, payé au citoyen Lamothe, en échange, 12 francs, s
Voici, sur l'acquisition de ces monuments, quelques renseignements tirés de la correspondance de Lenoir : «Paris, 17 messidor an IX, Alexandre Lenoir au ministre de l'intérieur. ~ Citoyen ministre, par votre lettre en date du 25 floréal dernier, vous m'avez autorisé à acquérir, dans l'église Saint-Acdré-des-Arcs, des monumens précieux. Vos intentions, citoyen ministre, sont remplies, et le premier travail est entièrement consommé; Je joins plus bas la note de l'emploi des 300 francs que vous m'avés accordés par la même lettre pour faire l'acquisition précitée. La partie principale de ces monumens étoit d'autant plus nécessaire à recueillir pour le Musée des Monumens français qu elle tient à la composition générale du tombeau de Christophe de Thou et de Jacques-Auguste son fils, historien célèbre, dont j'avois heureusement conservé d'avance les statues. La délicatesse et la beauté du travail de cette sculpture me déterminent, citoyen ministre, à m'occuper sans délai du replacement et de la restauration complette de ce morceau magnifique, que je place dans la salle dHntroiuction du musée, en face du mausolée du cardinal de Richelieu, et qui ne pourroit que prodigieusement soufTrir s'il restoit plus longtemps démonté. N'ayant en vue que l'économie dans les dépenses et la conservation des monumens, je me suis chargé des avances de tout ce travail, qui se monte en totalité à 796 francs 5 centimes, y compris la dépose des monumens achetés à Saint-André, leur transport et leur rétablissement dans le Musée des Monumens français. » — Il y a un reçu de Balleux pour des monuments achetés à Saintr-Andrédes-Arts ; mais le véritable vendeur était un certain Perrin, a(jyudicataire de l'église Saint-André, comme Lenoir l'a déclaré en 4816 dans un rapport à M. de Vaublanc. — Cf. Alexandre Lenoir, son Journal, et le Musée des monuments français, t. I", p. 26 et 27, no» 193, 194 et 196; Description de Paris, par Piganiol, t. VU, p. 87 etsuiv.
A. LA MEMOÏEE
MONUMENT DE J.-A. DE THOU, TEL QUE LENOIR L*AVAIT RECOMPOSÉ ^ac-similé de la planche CLXXYII du Musée des Monumens français*
Barthélémy Lô Prieur, et très belle ; mais le visage encore plus beau et plus fini que le reste. » L'opinion de notre époque n'est pas moins favorable à ce monument. La commission executive du Musée de sculpture comparée vient de mettre à Tétude la reconstitution du tombeau de Jacquesi- Auguste de Thou, dans les salles du Trocadéro, à l'aide du moulage. C'est en effet un des plus beaux spécimens français de la sculpture funéraire du commencement du dix-septième siècle qu'on puisse présenter au public. Dans cette œuvre de tardive réparation, le Louvre doit trouver un exemple et un encouragement. Quand les plâtres se réunissent pour nous rendre un chef-d'œuvre, les marbres originaux peuvent-ils rester plus longtemps dispersés?
Au-dessous du sarcophage de Jacques* Auguste de Thou, on voit un reste du monument élevé par Lenoir à Pomponne de Bellièvre, dont le buste a été depuis transporté au musée de Versailles, n" 2817 du catalogue de ce musée. Ce buste, qui provenait originairement de Saint-Germain-l'Auxerrois, était entré aux Petits-Augustinsle 18 pluviôse an II *. Lenoir a parlé du personnage dans le tome IV du Mmée des Monumens français^ p. 169, et dans le tome V du même ouvrage, page 48, sous les numéros 270 et 270 bis. Le monument, sous la forme qu'il avait reçu au dépôt des Petits-Augustins, est gravé dans les Vîtes pittoresques et perspectives des salles du Musée des Monuments français. Nous le reproduisons dans un fac-similé.
Quant aux éléments de la décoration du mausolée composé par Lenoir, ils avaient été tirés de Thôtel d'O, situé rue Vîeille-du-Teraple, au moment où les constructions de cet hôtel avaient disparu, pour faire place au marché des Blancs-Manteaux. Le directeur du Musée des Monuments français les avait recommandés à l'attention du ministre
1. Alexandre Lenoir, ^on Journal et le Musée des Monuments français, p. 31, !!• 229.