MONUMENT DE POMPONNE DE BELLIÈVRE, AUX PETITS-AUGUSTINS
Fac-similé d'une gravure des Vues pittoresques et perspectives des Salles du Musée des Monuments français.
de rintérieur dans les termes suivants : <( Paris, le 24 août 1813... Monseigneur, après avoir examiné ces monuments avec attention, j'ai reconnu... que la maison d'O renfermait une cheminée, travaillée en belle pierre de liais, de 13 pieds 8 pouces de haut, sur 10 pieds 5 pouces de large, laquelle est ornée de sculpture, c'est-à-dire d'une grande couronne de fleurs et de fruits, d'une tête de Mercure, d'une idem de Méduse, le tout par Germain Pilon, et deux colonnes en marbre avec chapiteaux de même nature. »
L'acquisition eut lieu en décembre 1813. Les cheminées de l'hôtel d'O étaient célèbres depuis longtemps. Sauvai, dans ses Antiquités de la Ville de Paris, tome III, p. 21, en parlait ainsi : « Les cheminées sont accompagnées d'ornements fort galants qu'on tient être de l'ordonnance de Pilon ; les voûtes des rampes de l'escalier sont chargées de figures de bas-reliefs, de festons, de fleurs et d'autres enrichîssemens attribués encore au même sculpteur. »
C'est vraisemblablement du même édifice que proviennent les deux têtes de lion, placées ici dans les tympans de l'arc qui encadre la fontaine, et quelques-uns des mascarons disséminés sur la muraille *. Lenoir avait proposé au ministre de l'intérieur de faire transporter dans son musée, avec la cheminée, « les masques, les têtes de lions, les couronnes», etc., qui décoraient le portail de l'hôtel d'O. Voici comment Sauvai, dès le dix-septième siècle, les signalait à l'attention de la postérité : « Le portail est garni de masques fort beaux, et de deux lions dont les grincements de dents sont terribles, et la disposition des jubés fort naturelle. La maison est ornée de quelques autres masques qui ne sont pas moins beaux... Les
1. Ce qui m'empêche d'être affirmatif, c'est qu'une lettre du directeur des travaux publics de Paris^ en date du 11 décembre 1813, fait savoir à Lenoir que le gouvernement a l'intention de n'acheter que la cheminée.
masques [sont] d'une très grande manière, d'après Michel- Ange. »
Quelques-uns des mascarons à tètes de satyres, et quelques-unes des tètes de lions, réparties sur la surface de ce panneau, pourraient provenir également des démolitions d'une maison du pont Saint-Michel, acquises par Lenoir en 1808, comme le prouvent les documents suivants : «Paris, 30 janvier 1808. — Le ministre de l'intérieur à M. Lenoir, administrateur du Musée des Monumens français. — D'après la demande que vous m'avez faite. Monsieur, je vous autorise à dépenser la somme de cinq cents francs, pour le déplacement de quelques morceaux de sculpture de l'école de Jean Goujon, qui se trouvent sur l'une des maisons du' pont Saint-Michel, que l'on démolit en ce moment, et pour le transport de ses sculptures au Musée des monumens français. J'ai l'honneur... », etc. — « Paris, ce 16 mai 1808. — Alexandre Lenoir, au ministre de l'intérieur. — Monseigneur, j'ai l'honneur de vous adresser l'état des avances déboursées pour le transport au Musée des Monumens français, des monumens du moyen âge qui ont été réservés de la démolition de l'ancienne église Sainte-Geneviève, ainsi que des sculptures de Jean Goujon qui décoroient l'une des maisons du pont Saint-Michel.... Cent cinquante morceaux de sculptures de l'école Jean Goujon, portant chacun deux pieds cubes, le tout en pierre, provenant de la maison du pont Saint-Michel. »
Les dimensions régulières de ces morceaux acquis ici par Lenoir semblent convenir à des clefs d'arcs décorées de mascarons, et pourraient correspondre aux dispositions présentées par quelques motifs de décoration disséminés sur le mur de l'École des Beaux-Arts. £n tout cas, Lenoir s'est trompé quand il a dit, ou laissé dire dans une note fournie, en 1816, au ministre de l'intérieur, que l'ensemble de la décoration entourant le buste de Pomponne de Bel-
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lièvre provenait du couvent des dames de Saint-Anastase, rue du Temple.
Au dessous de TeDcadrement du monument deBellièvre, se trouve fixé un-bas relief en marbre, dont Lenoir a révélé les origines dans sa Description * de l'an X, et dans celle * de Tan XI, en commentant ainsi le numéro 485 de son catalogue: « De Vincennes. — Un bas-relief allégorique, représentant le gouvernement français, etc.- » Ce marbre, d'un bon style et d'une belle exécution, de la main d'Anguîer, avait été vendu au citoyen Baudrî, marbrier, auquel je l'ai acheté pour une somme de 120 francs; son pendant, que j'ai fait chercher, a été détruit. » Le Directeur du musée des Petits-Augustins se servit plus tard de ce bas-relief pour décorer une de ses salles, et le plaça au dessus du mausolée de Michel Le Tellier. Il compléta ainsi, en 1806 ^, les renseignements qu'il avait précédemment donnés sur cette œuvre d'art : a Au dessus de ce monument, sous le numéro 485, on voit un bas-relief allégorique en marbre blanc, représentant le gouvernement français sous le règne de Louis XIV, recevant la Paix des mains d'Hercule; la Victoire le suit, et près d'elle un Génie debout tenant Cerbère enchaîné; plus loin, l'Envie, l'éduite au désespoir, dévore ses serpents. Les Arts et les Sciences s'approchent de la France, et semblent concourir à la félicité publique. Ce beau marbre, d'un beau style, et d'un grand caractère de dessin, avait été exécuté pour le château de Vincennes, par le célèbre Anguier. »
11 ne peut pas y avoir de doute sur l'identité de cette œuvre d'art; celle que nous voyons est bien celle que Lenoir a décrite. C'est donc à tort que les éditeurs d'unfr suite de documents publiés sous le titre à! Archives du