MONUMENTS ORIGINAUX
C 1° Deux bas-reliefs (petits) en marbre, par Germain Pilon, représentant l'un saint Paul, l'autre Melcbisedech, dont la provenance n'est pas indiquée d&ns les divers ouvrages sur le Musée des Monumens français, et qui y furent placés au piédestal de la belle statue de Germain Pilon, représentant l'amiral Cbabot, aujourd'hui au Louvre.
« 2* Fragment du soubassement du tombeau de Louis de Poncber, autrefois dans l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois. Le plus important de ces fragments présente une statuette entre deux pilastres, ainsi que l'inscription indiquant la sépulture de Louis Poncber. Ce soubassement contenait dans l'origine trois figurines; on n'en retrouve qu'une. Il y avait deux inscriptions; une seule a survécu. Ces restes précieux pourraient servir à reconstituer au Louvre le support des deux belles statues de Louis Poncber et de Roberte Legendre, sa femme.
c 3* Un petit bas-relief en marbre, dans le style de la Renaissance italienne, dont l'auteur et la première provenance ne sont pas connus * . Il était placé au Musée des Monuments français, dans le piédestal qui portait la statue du chancelier de l'Hôpital.
a 4<> Une figure en albâtre, de 1 mètre de proportion, du seizième siècle, teintée en couleur de bronze et représentant la Mort tenant un dard et s'appuyant sur un bouclier où se lisent ces mots :
c II n'est mortel tant soit plein d'art a Que je ne perce de mon dard.
« Elle était placée originairement sous un toit, appuyé contre la tour dite de bois^ élevée, sous Philippe-Auguste, au milieu du cimetière des Innocents^ et portant un phare funèbre.
« 5* Deux fragments importants d'un rétable en pierre du seizième siècle, avec figurines dans des niches, et entre des colonnettes arabesques, etc. Provenance première inconnue.
« 6^ Quatre bas-reliefs en marbre, de forme ovale, attribués à Sarrazin, et représentant le Christ, la Vierge et deux apôtres. Celui de la Vierge est légèrsment fragmenté par le bas. Ces bas-reliefs avaient été recueillis dans l'église de Saint-Louis-la-Culture lors de sa démolition **.
* Acheté par Lenoir an marchand Ballenx, n* 541 du Catalogne du Mnsée des Monuments français. Voyez sur ce monnment la Gazette des Beaux- Arts, 2e période, t. XXX, p. 255 et 256.
** Je crains que ce ne soit nne erreur. Ces bas-reliefs provenaient, je crois, des salles de l'ancienne Académie de peintnre et sculpture. Les autres sculptures qui faisaient partie de la môme suite, et représentaient les dix autres apôtres, sont à Versailles, dans l'église de la Paroisse. Les deux apôtres, aujourd'hui en magasin au Louvre, sont saint
A L'ECOLE DES BEAUX-ARTS 15a
On lit, dans le catalogue du Musée des Monuments français, de Tan V à l'an VIII, sous le numéro 350 : « Des Carmes. — Statue en marbre blanc, plus forte que nature, repré-
c 7** Un petit bas-reliet en pierre du seizième siècle, représentant un tripot. Des soldats^ dans le costume du temps^ et des femmes jouent aux cartes et aux dés; une femme vient du dehors ciiercher Tun des joueurs et le frappe d'un bâton. A la gauciie du bas-relief, elle l'accuse devant un officier.
« 8® Une figurine demi-nature, de Germain Pilou, à peine reconnaissable par les mutilations, et provenant de la chaire de l'église des Grands-Augustins.
« 9" L'épée du connétable Anne de Montmorency, exécutée avec le plus grand soin, en marbre blanc incrusté dans du marbre de couleur, par Barthélémy Prieur, sculpteur particulier du connétable. Cette épée faisait partie de la décoration du monument élevé aux Gélestins à la mémoire d'Anne de Montmorency.
« 10* Restes de l'architecture du tombeau de la famille de Montmorency, élevé dans l'église de cette ville, au-dessus du caveau de la chapelle particulière. Le monument présentait une voûte semi-sphérique, portée par des colonnes de marbre précieux (vert de mer), de 4 mètres de hauteur, qui furent remises au Louvre par Alexandre Lenoir, le 5 ventôse an IV, pour décorer les salles du musée. On pourrait, avec des colonnes de pierre, rétablir ce monument dans l'église de Montmorency. Le curé est désireux de le voir restauré.
« 11* Nombreux fragthents de la galerie du château d'Écouen, élevé en façade princijiale par Bullant, et démoli en 1788. Ces fragments présentent de la sculpture et de l'architecture remarquables.
«12* Quatre bas-reliefs en marbre. Morceaux de réceptions d'académiciens; ils proviennent de la salle de réunion de l'ancienne Académie de peinture et sculpture au Louvre.
« 13* Deux divinités indiennes. »
(Suit la liste des moulages.)
« Nota, — Ne sont pas indiqués ici les objets d'art qui sont en place dans les cours et dans la chapelle de l'École des Beaux-Arts, puisqu'ils y ont été mis par M. l'architecte de l'École pour les faire contribuer à la décoration générale de l'édifice ; de ce nombre sont les restes de la chapelle de Philippe de Cornmynes, élevée dans l'église des Grands-Augustins, et qui sont ornés d'arabesques.
« Certifié conforme à V original :
« Le sénateur surintendant des Beaux-Arts^
« Comte DE NiBnWERKERKE.
a Vu et approuvé :
a Le maréchal de France ministre de la Maison
de l'empereur et des Beaux-Arts, »
« Vaillant. »
Luc par Raon, et saint Jacques le Mineur par Clérion. La Vierge est l'œuvre de Girardon. L'Ecce Homo devait être de Marsy. Toutes ces œuvres sont fort médiocres. Cependant, par crainte de la substitution d'une pièce à une autre dans les magasins, on devra encore examiner les deux bas-reliefs transmis en 1807 par Denon à Lenoir, et dont il est question ci-après, p. 188 et 189.
sentant la Justice, par Poncet, artiste vivant. Cette statue faite à Rome, ainsi que le tombeau auquel elle appartenait, attira un grand concours de spectateurs aux Carmes de la place Maubert, où il avait été érigé en 1776, à la famille BouUenois par un avocat de ce nom. »
Interrogé, le (8 floréal an IX, parle citoyen Seignette^ juge au tribunal de cassation, au sujet de ce tombeau, Lenoir répondit ainsi : <( Paris, ce 19 floréal an IX, — Citoyen, c'est avec bien du plaisir, que je m'empresse de satisfaire à la demande que vous m'avez adressée relativement au tombeau de Boulenois placé aux Carmes.. Ce monument, riche par la beauté des marbres qui le composoient, a été vendu en 1791 au citoyen Boulenois, fils du jurisconsulte qui avait fait ériger le tombeau à la iBémoiie de son père. Dès cette époque, il l'a vendu à jiaàems marbrier, à la réserve de deux mosaïques que je crois qu'il possède encore. Le beau vase de porpîhyre-est passé dans le coomifixce. Je l'ai vu depuis chez un nommé Huet, rue fieaubourg. J'ai racheté l'aigle en bleu turquin d'un marbrier ; les autres débris du tombeau ainsi que le sarcophage sont encore déposés dans l'intérieur du Panthéon ; ils appartiennent au citoyen Scellier, marbrier, rué Saint-Jacques. Voilà, citoyen, l'état dans lequel se trouve aujourd'hui ce magnifique monument, plus riche encore, par les matières qui le composoient, que par l'exécution de la sculplure. Tout mon désir est que ces notes vous satisfassent. Je m'estime très heureux que cette occasion m'ait procurer un entretien avec vous. Recevés l'assurance de ma parfaite estime.
« Votre très dévoué, Lenoir ».
On lit, d'autre part, dans le Journal de Lenoir, sous le numéro 702 : « Le 7 dudit (floréal en IV) j'ai formé l'échange avec le citoyen Scellier d'une aigle en bleu turquin sculptée avec beaucoup de soin, provenant du tombeau de
BouUenois qu'il avait acheté. Il a reçu en conséquence la valeur en débris de marbre. »
Le jardin de l'École nationale des Beaux-Arts, a reçu depuis longtemps^en dépôt quelques fragments enlevés à
Tombeau de Poncher, tel qu'il avait été composé par Lenoir. Fac-similé de la planche XGVIII du Musée des Monumens français.
l'édifice construit par le cardinal d'Amboise. Le plus important de ces fragments isolés est le couronnement, ou ce qui reste du couronnement d'un édicule en pierre que Lenoir, après l'avoir transporté rue des Petits-Augustins, avait employé à la reconstitution du tombeau de Louis de' Poncher et de Hoberte Legendre. N'oublions pas non plus quelques fragments de pilastres de marbre sculpté, qui ne sont peut-être pas tous le produit des . restaurations
ordonnées par Lenoir, et qui demanderaient d'être examinés à loisir ^
On remarque encore, dans le jardin, sept colonnes cannelées venant de Chartres', des parties d*un entablement venant d'Ecouen, des fragments de larmier et de frise décorés des merlettes des Montmorency, des chapiteaux tirés du même édifice, des frises du château d'Anet, la pierre ovale du monument factice élevé par Lenoir en l'honneur de Pilon, un bas-relief qui décorait le tombeau d'un membre de la famille Nogaret, etc., etc.
f . On lit dans les papiers de Lenoir : et Acquisition faite au propriétaire du château de Gaillon : Pilastres^ arabesques et corniches en pierre grise dite de Gaen, le tout sculpté avec beaucoup de finesse et employé au tombeau de Louis de Pencher. L'arrière-corps en entier du lombeau de Louis de Poncher u*appartenoit point à ce monument. Il a été formé de pilastres arabesques et d'uoe corniche fort bien travaillée en pierre de Gaen^ et d'un couronnement en pierre qui ont été achetés au propriétaire du château de Gaillon. » Dans une lettre récemment publiée d'Alexandre Lenoir au ministre de l'intérieur, en date du 7 frimaire an X, il est question du transport de Gaillon à Paris « d'un beau chambranle de perle en pierre grise de Caen, orné d'arabesques du plus beau choix et de la plus belle exécution; d'un plafond en pierre blanche du même lieu et orné de môme d'une lanterne en pierre sculptée à jour portant quatre pieds de proportion et d'un chambranle de croisée en cul-de-lampe; le tout chargé d'arabesques de la plus belle exécution et de deux portes sculptées dans la masse».
On lit encore sur cet objet, dans le Musée des Monumens fravçaiSy t. llf, p. 49 et 50 ; « J*ai fait restaurer ce monument d'après les dessins que j'en avois faits deux ans avant sa destruction ; et n'ayant pu obtenir les colonnes arabesques qui le décoroient, j'ai fait entrer dans sa composition le chambranle qui omoit intérieurement la porte d'entrée de la chapelle d'Âmboise, â Gaillon, que j'ai acheté au citoyen Prévôt. Ce morceau, sculpté en pierre de Caen ardoisée, est orné des arabesques les plus précieux ; les chapiteaux qui couronnent les pilastres sont d'un travail extraordinaire pour la finesse : on remarque aisément que, malgré la beauté et la finesse de leur exécution, ils paraissent lourds, parce qu'ils ne portent point de corniche; ce qui donne âce monument une physionomie singulière que je n'ai pas voulu changer, puisque l'auteur l'avait ainsi conçu... Le couronnement en forme de coquille, qui surmonte ce beau monument, tient au style du tems, et omoit une des croisées du môme château. » On lit enfin dans les propositions des travaux à faire dans le courant de l'an X, pour la restauration des monuments, etc. : «8<> La restauration du tombeau de Deponchier, faite avec un chambranle magnifique en pierre de Gaeo, Tenant de Gaillon. (Voyez le numéro 96.) »
2. Arrivées à Paris en vendémiaire an VU. Voyez à ce si]\jet le Journal de Lenoir, article 965.
Voîcî rînscription du mausolée de A. F. E. Nogaret; j'en dois la transcription à mon exceHent confrère et ami M. Eugène Mfintz, qui, dans un intérêt scientifique, a gracieusement facilité toutes mes recherches, bien que quelques-unes de leurs conclusions fussent contredites et énergiquement combattues par lui au point de vue admi^ nlstratif :
A LA MÉMOIRB