CHAPITRE DEUXIÈME
En mer. — De Rotterdam à Zanzibar.
Beautés de la Hollande. — Rotterdam. — En route pour l'Afrique.
— La vie à bord du Bîindesraih. En vue du Portugal. — Ce qu'on trouve à Lisbonne. — Changement de monnaie. — Excellent appétit et gaieté constante. — Gibraltar. — Les hirondelles. — Beau temps et tempête. — Naples et les Napolitains.
— Arrivée du capitaine Jacques. — Les chapelets bénits par le Saint-Père. — Que ne puis-je escalader le Vésuve 1 — Le détroit de Messine. — L'Etna. — Pas de mal de mer. — Port-Saïd et le canal de Suez. — Chaleur et Orage. — Aden et ses réservoirs. — Le cap Guardafui. — Le baptême de la ligne. — A Tanga et à Dar-es-Salaam, sur la côte. — En vue de Zanzibar.
Ire Lettre.
Rotterdam, 2g aLYril 1891.
Chers Parents,
Le voyage d'Anvers à Rotterdam a été des plus amusants ; tout le monde blaguait, et avons-nous ri ! A la douane, il a fallu descendre ; on a déchargé les 2 i caisses et les bagages, mais aucune n'a été ouverte. Comme le temps manquait pour en opérer le réembarquement, nous avons été forcés de prendre le train suivant, de sorte que nous sommes arrivés à Rotterdam à 7 heures du soir.
Nous sommes installés jusqu'au 2 mai à l'hôtel Coomans, Hoofdsteeg, Rotterdam.
Nous venons de souper comme il laut. Le chien se trouve dans ma chambre et se porte à merveille. Je suis fort content, et les camarades sont très gais.
Nous sommes libres jusque samedi et nous en profiterons pour visiter les environs. — C'est un beau pays que la Hollande avec ses fleuves géants, ses polders endigués, ses prairies verdoyantes, ses coquettes habitations ; rien que pour le voyage je conseille aux
camarades devenir ici au mois de Juillet. Avis à G... S., Je vous embrasse lous ; amitié aux camarades.
Votre Hls bien affectionné, ALEXIS (Vrithoff).
- II- Lettre. ====z===
Rotterdam, i^^ mai i8yi.
Chers Parents,
Je suis toujours installé à l'hôtel Coomans, qui est un bel établissement ; on y est servi comme des princes, mais ce qui est ennuyeux pour moi, c'est le manque d'occupation sérieuse. On se lève le matin à 7 h /^ et on se couche vers 1 1 heures. Cette vie devient à la fin insupportable, et mes camarades sont du mêrm avis. Aussi, il me tarde de voir arriver l'heure de l'embarquement, qui s'effectuera probablement demain. Le navire devait arriver le soir, et j'ignore s'il est venu ; en tous cas, demain matin on doit s'en informer.
Rotterdam est une jolie ville remplie d'animation ; toute la journée on ne rencontre que des gens affairés courant à leurs occupations. Presque toutes les rues sont reliées par des ponts ; en un mot, la ville ressemble beaucoup à Anvers ( dans les environs du port;, sauf qu'il y circule deux fois plus de monde et que les maisons ont un genre particulier et semblent vieilles de deux ou trois siècles.
M. Jacques me disait que le navire était excellent et que le confortable n'y manquerait pas.
Le prix de transport pour chacun de nous est de 5 70 marks, c'est-à-dire 5-0 x 1,2 5, soit 641 francs 5o centimes.
Aujourd'hui après-midi nous avons visité le jardin zoologique, lequel est très joli mais ne vaut pas celui d'Anvers.
Je prie l'ami Edouard G..., de dire à M. B... que le chien qu'il m'a donné se porte à merveille. Je le garde dans ma chambre, et il couche sur ma descente de lit. Je sors avec lui plusieurs fois par jour, et il n'est plus nécessaire que je le tienne en laisse.