CHAPITRE DEUXIÈME
Je ne connais absolument rien de nouveau, je me porte très bien tl je pars content pour V Afrique ; tous les quatre, nous allons faire là un véritable voyage de plaisir, et je crois qu'il ne nous manquera absolument rien.
Pour le moment, je sirote un café au jardin d'hiver de l'hôtel, et voilà que je finis de dîner.
ROTTERDiLM. — Types populaires hollandais.
Je vous écrirai de nouveau en quittant Rotterdam. Le départ aura probablement lieu samedi ou lundi.
J'espère que toute la famille se porte bien, et en attendant de vos nouvelles, je vous embrasse tous de tout cœur, sans oublier les oncles, tantes, cousins et les camarades. Qu'ils ne manquent pas de me donner de leurs nouvelles, et surtout qu'ils n'oublient pas les voyageurs dans leur prière du soir.
Votre affectionné fils, ALEXIS.
II le Lettre (i)
A bord du Bundesrath, 2 mai 1891.
Mes chers Parents,
En mer. — Me voici donc en route pour l'Afrique : je suis à bord d'un magnifique navire, de grandes dimensions. J'ai quitté Rotterdam ce matin à 5 h. ^•^. M. Jacques est venu nous dire au revoir à 5 h. et il a même pris plusieurs photographies.il a promis de vous en faire cadeau d'une, si toutefois c'était réussi. Si vous vouliez le voir, vous pourriez vous rendre à Bruxelles, car il m'a dit qu'il désirerait vous rendre visite, mais que probablement il n'aurait pas le temps de s'arrêter à Namur,vu qu'il n'aurait que le temps d'aller chez lui à Vielsalm, revoir ses vieux parents qu'il aime beaucoup.
Le vendredi, avant de nous rendre à bord, nous nous sommes amusés en ville et nous avons passé une agréable soirée. Le bateau sur lequel je me X.vou\e,\e Bundesrath (le Conseil fédéral), est un navire allemand où rien ne manque. Je n'ai pas encore eu le mal de mer, mais aussi il faut dire que la mer est belle ; il y a cependant de grands balancements, et à bord déjà plusieurs personnes sont incommodées. Il faut s'y trouver pour se faire une idée de l'effet du tangage et du roulis du bateau.
Nous sommes trois camarades, MM. Docquier, Renier et moi, toujours ensemble, et pour être exemptés de ce terrible mal de mer, nous restons toute la journée sur le pont, ce qui nous donne bon appétit.
Le soir, à 7 heures, j'ai aperçu les falaises de Douvres: c'est très joli de voir ce tableau le soir.
A 8 heures, j'ai vu une aurore boréale, merveille qui ne se voit que dans les pays du nord. A la soirée, on apercevait aussi des phares dans le lointain. Et la mer, que c'est beau ! mais aussi que c'est effrayant quand on y pense et qu'on n'y est pas habitué : se voir balancé comme une plume sur cette immensité, c'est un véritable rêve. Que Dieu est grand d'avoir créé un tel monde ! et
I- I-Mposéo à Lisbonne le 6 mai, et arrivée à Xaniur le 9 mai (en 3 jours).