‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 24 sur 94 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

manifestation religieuse publique. C'est triste. Nous nous dédommageons entre amis.

Quelques passagers ont fait de la musique toute la matinée, et cela a fait un peu de diversion.

On a jeté l'ancre devant Port-Saïd, à lo heures du soir. A lo h. ^ nous étions déjà en ville et installés au café de l'Eldorado : splendide café, où des hommes et des dames faisaient de la musique ; c'est un orchestre dans le genre de la troupe de Prague, qui a joué un certain

Femme égyptienne. Coiffure de sortie.

temps à Namur. Nous y avons entendu de jolis morceaux européens.

L'aspect de la ville est très curieux, surtout dans l'obscurité. Toutes les maisons sont basses et recouvertes d'une plate-forme, comme toutes les habitations orientales.

La première chose que nous avons faite en mettant le pied sur le sol africain, a été de prendre de la terre ou plutôt du sable, ce qui n'est pas du tout rare en rue ; on enfonce là-dedans comme dans du beurre. Il n'y a pas

de trottoirs ni de pavés, mais en revanche, il y a beaucoup d'arbres dans les rues, et malgré les réverbères, il faut prendre ses précautions pour ne pas se cogner.

J'ai remarqué qu'à toutes les maisons, il y avait des veilleurs de nuit, des noirs, bien entendu ; ils dorment adossés au mur et enveloppés d'un sac. A chaque instant, on voit rôder autour de soi des ombres qui s'approchent doucement. Ce sont des Arabes qui viennent s'offrir pour nous servir de guides, mais nous avons grand soin de les envoyer promener, car tous ces individus sont des voleurs. Il n'est pas prudent de s'aventurer le soir, surtout seul. Nous sommes rentrés au bateau à 2 h. ^^, et jusqu'au départ, nous avons passé le temps à regarder environ 2 5o nègres occupés à remplir de charbon les cales du navire ; ces portefaix, dont la peau noire s'harmonise bien avec le métier de charbonnier, formaient une véritable fourmilière courant, criant, chantant.

A 10 heures du matin, il y avait 21°; à i heure, 24".

Lundi, 18 mai. — Le départ de Port-Saïd a eu lieu à 7 heures du matin. Aussitôt, on est entré dans le canal de Suez, qui est un beau travail, mais malheureusement il est trop étroit : je crois qu'on pense à son élargissement. Sa largeur est la même que celle de la Sambre, et sa profondeur moyenne, de 10 à 12 mètres. Le parcours se fait en 18 heures : les bateaux venant d'Europe sont obligés d'arrêter chaque fois qu'ils aperçoivent un autre bateau venant d'Afrique, celui-ci ayant la priorité du passage.

Il commence à faire étouffant: 27" à 11 heures du matin et 29° à 2 heures. J'ai aperçu des tentes arabes et des chameaux contre la rive. Tout le long du canal sont échelonnées de coquettes petites stations pour le service des petits bateaux à vapeur. Nous avons rencontré l'après-midi un navire appartenant à la même société que le Biindesrath et portant le nom de Reichstag (Diète de l'empire) ; on a donc encore fait les saluts d'usage. Le soir, nous avons traversé les lacs Amers qui figurent sur la carte.

J'ai dormi avec 29" dans la cabine.

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