‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 23 sur 94 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

naître sa nationalité en saluant du pavillon allemand ; le croiseur italien a ensuite répondu au salut, en arborant le sien. C'est très curieux, cet échange de saluts.

A g heures du soir, il y avait i8° Rien de particulier ce jour. Nous sommes sept passagers en plus-à notre table, et la nourriture est toujours excellente. Je mange comme quatre. C'est singulier cette coutume : au repas de huit heures, on a déjà de la viande avec des pomm.es de terre, ensuite du fromage, le tout à discrétion.

Latitude, 38°34' N.j Longitude, 15041' E.; Vitesse, 2 38 sml.

Vendredi, 15 mai. — On ne voit aujourd'hui que le ciel et la mer. Un seul navire apparaît à l'horizon. Lorsqu'on n'aperçoit aucune côte, et qu'on régarde au loin, on dirait que le bateau ne change pas de place, attendu que l'horizon qui forme cercle autour de nous est toujours le même.

Nous passons notre temps à lire des ouvrages que M. Jacques a emportés avec lui. Je lis en ce moment l'un des ouvrages écrits sur Stanley-V Africain ; ce qui est d'autant plus intéressant que nous allons faire à peu près le même trajet que lui.

Il faisait assez froid le matin, mais cependant le temps , s'est réchauffé à la soirée. Il paraît que la mer Rouge est l'endroit où il fait le plus chaud ; là il ne souffle aucune bise. Mais je m'installerai dans un bon fauteuil en osier, ^ et je serai très bien, étendu tout du long.

Latitude, 36°25' N.; Longitude, 2o''23' E.; Distance parcourue, 289 sml.

Samedi, 16 mai. — J'ai encore pris ce matin un excellent bain. A 7 heures, on commence à voir l'île de Candie avec ses montagnes, dont le sommet est toujours couvert de neige ; entre autres montagnes on découvre le mont Ida, lieu de naissance de Jupiter. Aujourd'hui la ne fait pas encore très chaud malgré 24*^ à l'ombre. La mer est toujours très calme. Nous comptons arriver à Port-Saïd demain dans la journée, car le bateau marche très bien. Toujours le ciel et la mer l

Dimanche, 1 7 mai. — C'est donc aujourd'hui le jour de la Pentecôte. On ne s'en aperçoit pas du tout, et c'est fâcheux de ne pas assister à la messe 1 C'est surtout cela qui semble singulier et toujours regrettable. Heureusement que le ciel tiendra compte de notre bonne volonté.

J'ai déjà mangé des fraises, des oranges nouvelles, des pommes et des myrtiiJes, qui sont excellentes. M. Jacques dit que nous resterons à Zanzibar trois semaines au minimum.

Pour l'Afrique, nous possédons chacun une tente de forme carrée et s'ouvrant de chaque coté: nous serons donc bien logés au camp. J'ai reçu votre lettre à Naples; Maria me dit de penser souvent à vous; cette recommandation était inutile : vous pouvez être assurés que je ne vous oublie jamais.

Vous serez sans doute étonnés que je vous envoie ma lettre avec un timbre allemand; de cette façon, elle partira par le service maritime et vous parviendra plus vite.

M. Jacques dit qu'il regrette de ne pas vous avoir vus lors de son départ ; il vous remercie de vos amitiés et vous présente les siennes.

Je n'ai pas encore eu le fameux mal de mer.

Latitude, ■34°9' N.; Longitude, 2 5°2o' E.; Dislance. 289 sml.; Température Farenheit, 1 19°.

Nous arrivons à Port-Saïd à 10 heures soir, et quit terons demain à 5 heures matin. Si vous pouviez m'envoyer un petit calendrier pour 1892, cela me ferait plaisir. Je vous écrirai de Suez. Je vous embrasse tous de tout cœur. Bien des choses aux camarades, et à ^L le Vicaire.

ALEXIS

■ V^ Lettre (i). =======

Po/-/-5^yc/, dimanche, 17 mai.

Mes chers Parents,

Dans ma précédente lettre je vous ai déjà parlé de la Pentecôte : c'est une grande fête, et cependant aucune

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