‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 34 sur 94 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Esp7~it, dirigée par un seul Père, nommé Horner, et un Frère. Leurs magnifiques installations sont situées sur le versant d'une grande montagne presque inaccessible, et dont il faut, paraît il, plus d'une journée pour atteindre le sommet. Gomme on ne trouvera pas de vivres d'ici à plusieurs jours, le capitaine a décidé de ne lever le camp qu'après demain. L'eau est ici excellente ; on la tire d'une rivière.

Lundi, 27 juillet. — Toute la matinée, on a fait de la musique. Le matin, le roi Kingo est venu nous faire visite. L'après-midi, je suis resté au camp, les camarades étant allés à la mission. J'ai passé le temps à prendre la température, que voici, aux différentes heures du jour :

Sept heures du matin, 17°; neuf heures et demie, 24'- onze heures et demie, 27*^ • deux heures après-midi, 29 o, trois heures, 29°; cinq heures soir, 25; six heures, 23^; huit heures quarante-cinq, 21 ^^° centigrades.

Mardi, 28 juillet. — Le départ de Morogoro s'est effectué à six heures quinze pour arriver à trois heures à Kingodago. Toujours le pays est beau et fertile en plantations de mtama.

Peu après notre arrivée, nous avons recula visite d'un Kiiigo, frère du roi de Morogoro, et de deux arabes, dont la caravane, campée à peu de distance de notre camp, se rend à Bagamoyo et à Zanzibar : ils se nomment Amoul bed Salem et Achid bed Salem et habitent Oudjiji.

Ils ont promis de venir nous dire bonjour dès leur retour à Oudjiji, qui aura lieu d'ici quelques mois. Le commandant a fait cadeau, à Kingo, d'une bouteille de Champagne et d'une bougie, que celui-ci avait demandée; le Champagne lui a surtout fait plaisir. Demain, nous comptons partir de bonne heure pour passer le fleuve Makata et, après quelques heures de repos, repartir à trois heures après-midi, pour traverser une partie du pori ou désert, de manière à n'avoir, le lendemain, qu'une marche de quatre heures jusque Combaringa.

Mercredi, 20 juillet. — Je quittais Kingodago à six heures un quart, la caravane ayant déjà levé le camp à

quatre heures, et je me trouvais en face du fleuve Makata à onze heures.

J'y trouvai encore quelques bonnes centaines de porteurs qui attendaient de pouvoir traverser le fleuve, assez profond et dont le courant est assez rapide. Le passage s'effectuait sur un méchant pont formé d'arbres, et sur lequel on n'a pas le pied sur en traversant ; mais enfin on est en Afrique. Les hommes ne devaient y passer qu'à la file et très lentement, mais ils auraient voulu tous passer en même temps. A deux heures, il restait encore beaucoup de monde à faire la traversée, et le commandant me fit appeler pour déjeuner. Il était trois heures et demie lorsque tous les porteurs se sont trouvés au camp ; il a fallu remettre le départ à demain de très bonne heure, et loger près de la Makata. On se trouve maintenant dans la véritable Afrique, et c'est à partir de ce jour qu'on va pouvoir rencontrer des bétes féroces; il paraît que la nuit nous entendrons les hyènes aux environs du camp. En tous cas, je me confie en la bonne Providence et me prépare à bien dormir : il est neuf heures.

Dans la matinée, j'ai vu une centaine de grands singes; nous en avons tué un, mais sans pouvoir l'emporter.

Jeudi, 30 juillet. — Quitté la Makata à six heures et demie. Le pori n'est pas si terrible qu'on le disait. En route on rencontre même de l'eau, et ce désert est bien fourni en arbres et en herbes. Mais la route était fatigante, car on marchait dans des marais desséchés. J'ai passé à côté du village de Combaringa où nous croyions camper hier, et tous les habitants avaient abandonné le village à l'approche de la caravane. Ensuite on a continué la route vers Farahni, où je suis arrivé à trois heures après-midi seulement ; car je marchais avec Renier à l'arrière-garde, et celle-ci arrive toujours deux ou trois heures après la tête de la caravane. On a campé à Kimmamba, qui est un beau village composé de huttes rondes avec étages.

Vendredi, 31 juillet. — Je suis parti à six heures dix minutes, et cette fois à l'avant-garde, pour arriver

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