‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 38 sur 94 · VIII-^ Lettre (suite · texte numérisé non relu

VIII-^ Lettre (suite

Vendredi, 7 août. — A Mpouapoua. On part à sept heures pour Mpouapoua, où l'on arrive vers une heure. Ici on se trouve au tiers de la route pour le Tanganika. Il y a un poste allemand commandé par M. Elpons, qui est un très gentil garçon. Il possède une soixantaine de soldats soudanais et un canon. L'ancien poste allemand a été détruit il y a trois ans. Nous resterons plusieurs jours à Mpouapoua. Le capitaine Stairs a quitté cette localité depuis deux Jours, mais il est probable que nous le rattraperons avant Tabora.

Samedi, 8 aoiit. — Resté au camp pour vaquer à toutes sortes d'occupations. Le commandant du poste mange avec nous. Les environs du camp sont couverts d'os rongés par les hyènes et provenant des cadavres de deux mille bœufs enlevés par une maladie. Çà et là, on rencontre encore des têtes entières, des pattes, des peaux etc. Cet endroit n'est pas très sain.

Mpouapoua, même jour.

Il ne faut pas croire que j'aie bien le temps d'écrire. Pour faire cette lettre j'ai dû employer toute la nuit, car le jour, on a constamment à s'occuper. Je me porte très bien néanmoins, et j'espère que ma lettre vous trou-

vcra de même. J'attends de vos nouvelles ici, car une caravane doit nous rejoindre et je crois qu'elle nous apportera le courrier que Sewa Adji nous adresse. Celuici nous fait encore un cadeau de pommes de terre et de biscuits. Il y aura donc encore de beaux jours ! Je dois ici fermer ma lettre, mais avant, je vous embrasse tous de tout cœur, etc.

Votre affectionné fils, Alexis.

p. -S. La vie d'Afrique me plait toujours beaucoup, et je ne regrette pas d'y être venu.

IX'î Lettre C)

Camp de Mpouapoita.

Dimanche, 9 août. — Resté au camp toute la journée : inutile de voir les environs qui ressemblent à tout ce que l'on a rencontré en route. Nous attendions pour hier soir ou aujourd'hui matin dix askaris envoyés par Sewa Adji, et porteurs de biscuits, d'oignons, de vinaigre, etc., dont Sewa nous faisait cadeau, et voilà qu'ils n'arrivent pas. Ils devaient même être porteurs de notre correspondance.

Trente pagazis se sont enfuis cette nuit, et par compensation nécessaire, le capitaine Jacques laisse à Mpouapoua, trente charges d'étoffes que Sewa Adji doit nous livrer à Karéma : peu nous importe donc la fuite de ces pagazis. Il fait aujourd'hui très chaud.

Lundi, 10 août. — Quitté Mpouapoua à douze heures et quart du matin pour le village de Kisogoué, dont la distance est de trois lieues. En passant près du poste de Mpouapoua, nous avons fait nos adieux au commandant Eipons, qui souvent avait mangé avec nous, et qui nous a offert quelques cigares pour la route. Rien de particulier en chemin, si ce n'est beaucoup de vent et de poussière Arrivé à Kisogoué à trois heures de l'aprèsmidi. Le capitaine avait déjeuné chez M. Eipons et nous a retrouvés au camp à cinq heures.

1 Déposée à Tabora le 19 septembre, arrivée à Xamur le 30 novembre

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