‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 41 sur 94 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

l'ombre. Je ne souffre pas de la chaleur, car on se trouve dans une plaine, et le vent est assez frais et assez fort.

Lundi, 17 août. — Aujourd'hui, je fais partie de l'avant-garde. J'ai quitté le camp à 7 heures, et à 10 h. i^ j'arrivais au camp de Mamdédé. A S h. 45, je passais auprès de plusieurs tembés formant le village de Kuikourou. J'ai aperçu dans la plaine sept antilopes et une trentaine de grands singes. Je n'ai pas tiré pour ne pas effrayer les porteurs, qui craignent la traversée de rOugogo. Il n'est pas rare de voir sous bois, à quelque distance de la route, un ou deux Wagogos, que l'on met facilement en fuite.

Température à 2 h. }^ : 28° à l'ombre et 32 au soleil ; — 8 h. 1/2 soir, 21°.

Mardi, 18 août. — J'ai quitté le camp à 6 h. 45 du matin pour arriver à Illindi à 2 h. 43 de l'après-midi. Route longue et fatigante. Rien de particulier, si ce n'est que l'eau est bien mauvaise en cet endroit ; elle pue et n'est même pas bonne pour se laver.

Mercredi, 19 août. — Faisant toujours partie de l'avanî-garde, je pars à six heures quarante-cinq pour arriver au camp de Boubou à deux heures et demie de l'après-midi. Huit heures de marche. Ces huit lieues en représentent bien quatorze ou quinze faites en Europe, vu la chaleur et la marche fatigante dans le sable. En route, j'ai eu un peu de fièvre, mais demain plus rien ne paraîtra. A quelques minutes du camp, il y a une rivière nommée Kolombo, où l'eau est excellente. Je me couche vers six heures du soir pour bien transpirer. L'âne m'a beaucoup rendu service.

Jeudi, 20 août. — Je pars à huit heures, toujours en tête de la caravane. La nuit a été très bonne, j'ai bien déjeuné et bu une bouteille de Champagne, en sorte que je suis tout à fait remis de mon indisposition de la veille.

Grand combat contre les Wagogos. — L'Ougogo, que nous traversons, jouit de la plusmauvaise réputation. Ses habitants nègres ou métis, appelés Wagogos, sont

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des voleurs de grand chemin et interceptent la route de Mpouapoua à Tahora. En effet, ayant dépassé le petit Mackengué, j'entends des coups de fusil derrière la caravane. C'est celle-ci qui se trouve attaquée par les indigènes du petit Mackengué, poussant leur cri de guerre ; ils ont été repoussés, et cependant nous avons deux soldats tués, trois blessés et un fusil enlevé ; aucune charge n'a été perdue.

C'est surtout l'arrière-garde, où se trouvait le commandant, qui a eu à souffrir.

Je me trouvais donc en tête. Aux premiers coups de fusil, les porteurs s'arrêtent, jettent leurs charges et se disposent à fuir. Je prends mon revolver et je menace de tuer le premier qui quittera la place. Ce moyen me réussit, et je parvins à leur faire reprendre leurs charges et à les faire marcher dans la direction du gr.and Mackengué.

Pour ouvrir la route, je faisais fc-u avec Docquier et Renier (moi en tête. Renier et Docquier sur les côtés de la caravane) sur tous les ennemis que nous rencontrions : ils ont eu beaucoup de morts, environ quarante, et autant de blessés. Parmi les m.orts figurent les deux fils du chef de Nîackengué, ce qui est heureux. N'eus V avoirs échappé belle, car à un moment, tout a failli être perdu, heureusement qu'aucun de nous n'a perdu son sang-froid. Plus de 600 coups de fusils ont été tirés. A un certain moment, un groupe compact de quarante indigènes vient à notre rencontre ; je tire six ou sept coups de fusil, et les voilà déjà qu'ils se rejettent sur les côtés, et alors j"ai passé tranquillement les tenant toujours en respect.

Il paraît que, il y a deux mois environ, une caravane d'arabes a été anéantie en cet endroit et que le chef qui la conduisait n'a pu fuir qu'à grand' peine.

A deux heures et demie, j'arrivais au camp du grand Mackengué et le commandant est arrivé peu après. Alors nous avons pris un morceau en attendant le dîner. L'eau est ici excellente et claire. Le pays est magnifique ; les palmiers reparaissent, et on retrouve beaucoup de verdure. Pour parer à toutes les éventualités, le commandant m'a désigné avec Docquier pour surveiller les senti-

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