‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 6 sur 94 · II. Le capitaine Joubert sur le Tanganika · texte numérisé non relu

II. Le capitaine Joubert sur le Tanganika

LE capitaine Joubert (') est un breton, vér'table pionnier de la civilisation, autant que catholique dévoué. Après avoir fait, comme zouave pontifical, les campagnes de Castelfidardo, de Mentana et de Rome, de 1860 à 1870, il rentra en France avec son régiment, qui tit héroïquement, comme on sait, la campagne de la Loire sous les ordres du général de Charette.

Au lendemain de la guerre, Joubert se retira à Ancenis au milieu des siens, et c'est là que vint le chercher, en 1880, le premier appel fait par le cardinal Lavigerie aux liïques, qu'il conviait à se dévouer à la protection des missionnaires d'Alger, appelés communément Pères Blancs, à cause de la blancheur de leur costume semiarabe.

Joubert fut le chef de la première expédition chargée d'escorter les missionnaucs au centre de l'Afrique ; à la tête d'un petit corps d'élite, qui comptait plusieurs zouaves belges, il conduisit la mission sur les bords du Tanganika, et organisa, pour la protéger, une compagnie de noirs qui firent, sous sa direction, la police de la traite.

« Depuis lors, Joubert a consacré sa vie à l'œuvre anliesclavagiste, pour laquelle il a fait trois voyages en Afrique. Le dernier qu'il entreprit, et qui paraît devoir le fixer pour toujours au milieu des nègres, avait pour objet la protection des Pères Blancs de Mpala, laissés à la merci des Arabes par suite du rappel du capitaine Storms en Belgique. Ici, comme ailleurs, le vaillant

I. Voir les ouvrages intitulés : Le Congo belge, la Traite des nègres et la uarbarie africaine, par F. Alexis M. G.

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défenseur des opprimés ne sait que se dévouer : de là, l'audace de ses faits de guerre, l'aveugle confiance que lui vouent ses conscrits, le respect dont l'entourent les indigènes et la crainte salutaire qu'il inspire aux Arabes.

« S'il arrive que des individus de tribus alliées soient englobés dans un coup de filet des chasseurs d'hommes, Joubert exige et obtient leur mise en liberté. Advient il qu'un chef voisin se permette de saccager un village et d'en capturer la population, Joubert le force en son repaire et lui arrache ses prisonniers. C'est ainsi qu'il enleva à Katélé une centaine d'esclaves. »

Citons encore quelques faits, d'après le Mouvement antiesclavagiste.

« Le lo août 1887, Joubert, suivi de 3o hommes, poursuit Mohammed qui vient de faire une razzia dans son voisinage, le rejoint à Mogabé et le somme de relâcher les captifs. Trois femmes et un entant sont mis en liberté. Il veut plus : trois enfants lui sont encore rendus. Il exige tout. Sur le refus de l'Arabe, dont les forces sont supérieures, il l'attaque, lui tue trois hommes, lui en blesse six et le met en fuite.

« En décembredela même année, Rutuku est battu une première fois par Joubert, qui s'est porté au secours d'un chef ami, Wondo ; un peu plus tard, dans le Marungu, 80 Rougas-Rougas (soldats négriers) prennent la fuite devant 2 5 jeunes hommes de la mission, en laissant sur le terrain 8 morts et de nombreux blessés : à quelque temps de là, Rutuku vient chercher une nouvelle correction devant Mpala et abandonne à son vainqueur trois belles pirogues.

« Aussi en avril 1890 le capitaine peut-il écrire, avec trop de modestie, il faut en convenir : « Deux expéditions contre les bandes qui venaient chez nous, de l'autre rive du Tanganika, pour faire des razzias d'esclaves, nous ont donné deux années de tranquillité. »

Toutefois, notre héros a dû encore faire depuis plusieurs autres exploits, notamment contre le fameux Rumaliza. En résumé, malgré la pénurie de ses ressources et l'abandon complet où on le laissa, par suite de l'interruption des communications avec la côte (il reçut le 26 juin

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