‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 67 sur 94 · CHAPITRE SIXIÈME. I4T · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. I4T

Dimanche, 3 janvier. — Le P. Van Oost nous a dit la messe, puis il est retourné en bateau à Mpala.

■Il a plu jusque dans la nuit. La massica ne s'est jamais annoncée de cette façon, me dit le capitaine, car il pleut tous les jours. Aussi, les herbes commencent à pousser. Dans les chemins, on en a déjà presque au-dessus de la tête. Qu'est-ce que cela sera dans un mois ? Pour empêcher les herbes de trop pousser, on les brûle lorsqu'elles sont dorées par le soleil et il paraît que, lors de ces incendies, les bois offrent un aspect magnifique, surtout sur les montagnes.

Lundi, 4 janvier. — Fondation d'Albertville. Nous recevons un courrier de Mpala nous donnant des nouvelles du commandant chez Kataki! Le commandant a eu beaucoup de pluie en route, car il est parti de Mpala à pied avec Docquier, tandis que Renier est parti avec les deux bateaux.

Cette lettre nous apprenait que 4 individus, dont un niampara, étaient venus rôder dans son camp, et cela sous prétexte de venir le saluer ! Ils apportaient une poule en cadeau ! Le commandant les a jugés séance tenante, après leur avoir mis les menottes et enlevé leurs fusils. Le niampara dit qu'il était le frère de Kataki, et voilà précisément que Kataki arrive au camp avec ses gens et qu'il dément l'assertion du traître; les espions ont voulu fuir, mais on ne leur en a pas donné le temps. Passés en conseil de guerre, ils ont été reconnus comme auteurs de plusieurs meurtres très récents; on les a fusillés. A partir de ce jour, le commandant doit avoir sa réputation de justicier faite. Mais gare à la mission de Kibanga, qui se trouve isolée entre les postes arabes!

Le commandant appelle le borna qu'il va construire, Albertville, en l'honneur de notre bien-aimé prince royal.

Mardi, 5 janvier. — Comme il y a la rivière le Ki^ier à traverser pour se rendre au lac, le capitaine a tenté de jeter un pont ; on a planté, l'après-midi, les premiers piquets, non sans peine, car le gravier revenait toujours dans les trous que l'on creusait pour les recevoir.

142 ALEXIS VRITIIOFF.

Mercredi, G janvier. — C'est aujourd'hui la fête des Rois, je ferai un gâteau pour le soir, afin de ne pas perdre l'habitude de manger les bons gâteaux de Namur, et nous boirons la goutte.

Vendredi, 8 janvier. — Nous apprenons que le commandant a encore envoyé 5 prisonniers à Mpala. l's viennent d'un petit village fondé par le frère de Kataki. Il faut savoir que Kataki a fait sa soumission au capitaine Joubert depuis longtemps, tandis que l'autre faisait des razzias d'esclaves.

Donc, pour la seconde fois encore un esclavagiste de moins.

Dimanche, 10 janvier. — Hier soir et aujourd'hui matin, après la messe, je suis allé avec le capitaine à l'affût aux sangliers et aux porcs, qui dévastent le manioc. Nous irons encore cette semaine.

Lundi, JJ janvier. — Grave échec des Allemande.

— Ce matin, au saut du lit, le capitaine me remet des lettres. ..et un journal... Ces lettres me sont envoyées par le commandant, qui, lui, n'a reçu que quelques journaux sans aucune lettre de sa famille, ni de la Société.

Il suppose qu'un courrier a été perdu.

Il nous apprend que le poste arabe de Moni, nommi « Fundi Bwete» et situé de l'autre côté de la Lukuga, a déménagé et qu'il a fait occuper le boma par lo de ses -^joldats. Le commandant nous apprend aussi qu'il a reçu une lettre de M. Sigl, le commandant de Tabora. "Vous aurez probablement lu cette nouvelle dans les journaux, mais peut-être pas dans toute sa vérité.

Cette lettre nous dit que les Allemands ont essuyé une défaire épouvantable dans une expédition contre les WahJhés (indigènes dont je parlais dans ma lettre du 8 août 1891, à la date des 3 et 4 août). Dans un défilé, le gro5 de l'expédition a été surpris par 2,000 indigènes. La troupe, n'ayant pu se déployer, n'a pu faire usage de oes arm:s; 10 officiers allemands, 25o soldats soudanais furent massacrés, et 3 canons enlevés ainsi que toutes les muuilions. L'ariière-gnrde seule a été épargnée;

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