CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
fin du même mois, il était à Saint-Louis de Mirumbi, station fondée par Joubert, sur la rive gauche du Tanganika, à une journée au sud de Mpala, et lui remettait les ravitaillements que la Société antiesclavagiste belge lui avait confiés.
L'entrevue entre les deux officiers fiit des plus émouvantes. « J'ai vu le capitaine Joubert, écrit M. Jacques à la date du 7 novembre, et je lui ai donné l'accolade au nom de ses amis d'Europe. C'a été un des meilleurs moments de ma vie, et le capitaine était au comble de la joie.
« L'arrivée de notre expédition, ajoute-t-il, a dérouté les plans de Rumaliza, qui se disposait à livrer à Joubert un assaut décisif.
« Les avant-postes ennemis étaient établis dans un camp retranché à deux lieues de Saint-Louis. Dès qu'ils eurent connaissance de l'arrivée au lac des renforts que nous apportions au capitaine, ils furent pris de panique et profitèrent d'une nuit pour gagner le large.
« Le lendemain, les gens de Joubert trouvèrent le boma ouvert et le village abandonné ; la seule chose qu'ils en rapportèrent fut une fillette de sept à huit ans dans un état de maigreur effrayant et entièrement enfermée dans un tchongou (grand pot en terre cuite dans lequel les natifs font cuire leurs aliments).
« Dans leur fuite précipitée, les misérables n'avaient pu emporter ou n'avaient pas pensé à achever cette jeune victime de leurs brutalités. »
Le capitaine Jacqu2S s'occupa d'établir plusieurs postes de secours et de défense sur la rive occidentale du lac Tanganika, où il devait être rejoint par l'expédition du lieutenant Hincq, dont nous avons parlé plus haut.
Une troisième expédition de secours, organisée par la Société antiesclavagiste belge, est composée du lieutenant Long et de MM. Duvivier et Demol ; elle s'est embarquée en avril 1892 à Amsterdam sur le Bundesrath, en destination du lac Tanganika ; elle prit, comme celle du capitaine Jacques, la voie de Zanzibar et de Tabora.
Alexis Vriihoft, ■ 2
l8 ALEXIS VRITHOFF.