IV. Alexis Vrithoff. — Sa jeunesse
ALEXIS Vrithoff naquit à Namur le ii août 1867 d'une honorable et pieuse famille bourgeoise, dont plusieurs membres se sont consacrés au service du Seigneur dans le cloître ou dans le clergé.
Dans toute sa correspondance, qui nous lut bienveiliamment communiquée par sa famille, le Jeune homme témoigne le plus grand attachement à ses parents et à ses nombreux amis, et c'est à regret que, par discrétion, nous avons supprimé les passages fréquents où il leur adresse ses amitiés.
Et cependant, Alexis était né avec un caractère bouillant et emporté. Dès sa toute première enfance, nous est-il rapporté, il se faisait remarquer, au milieu de ses petits compagnons, par son extrême turbulence, tellement qu'il était imprudent de le perdre un instant de vue. Un des points saillants de son caractère et qui pouvait en quelque sorte faire prévoir quelque chose d'extraordinaire dans sa destinée, c'était la colère d'enfant contre tout ce qui ne se dévoilait pas à lui à première vue : il voulait voir le dessous de tout, et quand sa perspicacité, étonnante pourtant, se trouvait arrêtée, il brisait, arrachait, déchirait, démontait, comme il le faisait avec ses jouets, « pour voir, selon son expression enfantine, ce qu'il y avait dedars ».
Ce penchant, loin de s'atténuer avec l'âge, ne fit que s'accroître et se développer, au point qu'à l'école on n'osait lui laisser dans les mains rien de fragile ou de destructible.
Alexis acquit ses premières connaissances au foyer maternel, ainsi qu'à l'école gardienne des Sœurs de Ste- Marie, à Namur. Il était réellement curieux de le voir là, dans son élément, au milieu de tous ses petits compagnons d'enfance, courant, gambadant, infatigable, faisant le désespoir de ses maîtresses, surtout quand il s'agissait de terminer la récréation ; car son plus grand supplice était la classe, où il devait demeurer tranquille et attentif, alors que son tempérament extrêmement mobile le lui défendait.