‹ Alfred de Musset intimeChapitre 18 sur 30 · A M. BOUCOIRAN · texte numérisé non relu

A M. BOUCOIRAN

Monsieur Boucoiran,

Je sors de chez M""* Sand et on m'apprend que Madame est à Nohant. Ayez la bonté de me dire si cette nouvelle est vraie. Comme vous avez pu savoir quelles étaient ses intentions, et si elle ne devait partir que demam, vous pourriez peut-être me dire si vous croyez qu'elle ait quelques raisons pour désirer de ne point me voir avant son départ. Je n'ai pas besoin d'ajouter que, dans le cas où cela serait, je respecterais sa volonté.

A M. Charpentier

Mon cher ami,

Je vous envoie le catalogue de V Assemblée, où vous trouverez quatre ou cinq romans de mon frère annoncés sous mon nom ; vous m'avez dit que vous vous chargeriez de demander la rectification. J'aimerais mieux, en effet, que vous me rendissiez ce service, attendu qu'il est délicat pour moi de parler de mon frère.

D'ailleurs, votre position, étant mon Éditeur, vous donne, il me semble, toute espèce de droit. Car c'est, au bout du compte, une sotte tromperie qui est toujours préjudiciable; le public peut nous croire complices.

Si vous voulez bien vous en charger, tenez-moi au courant, parce que si on ne rectifie pas l'erreur, il faudra écrire dans d'autres journaux.

Tout à vous.

Au Même (1)

Mon cher Charpentier,

J'ai réfléchi depuis que je vous ai vu ; si nous devons faire un nouveau traité, de nouveaux comptes sont sans importance.

Nous sommes bien près de nous entendre et il serait inutile que moi, malade, aidé d'un expert, j'aille revoir des chiffres dont nous n'avons plus que faire.

Il ne s'agit donc que du traité ; nous en savons toutes les conditions.

Une fois convenus des deux parts, le reste n est rien. A vous.

(1) Cette lettre, que je devais porter chez M. Charpentier, ne fut pas remise ; je pensai (jue M. do Musset, malade, no pouvait pas traiter une affaire d'intérêt aussi importante.

Il était question de céder l'œuvre do Musset pour une lento viagère.

M. de Musset, pour être tranquille, aurait tout accepté.

La lettre resta dans mon manchon, où je la retrouvai apros la mort du poète.

C'est la dernière lettre qu'ait écrite Alfred de Musset. {Note lie routeur.)

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