‹ Alfred de Musset intimeChapitre 21 sur 30 · Ail P.KD DK ML'SSKT INTIME · texte numérisé non relu

Ail P.KD DK ML'SSKT INTIME

de Librairie nous a livré ce mois-ci, les premières parties. Lui et Elle, tel en est le titre, est évidemment une réponse à Elle et Lui de la Revue des Deux Mondes.

Cette réponse est sans pitié, sans merci, le lecteur verra si elle est juste et méritée.

On nous dit le récit de M... fait avec des notes, des lettres, et sur les manuscrits de son frère Alfred, qui recommandait bien, en mourant, de n'en faire usage que si sa mémoire et son caractère étaient attaqués et méconnus publiquement. M. Paul de Musset a jugé ce jour venu et il a composé Lui et Elle.

Nous ne voulons rien citer, cela nous paraît trop vrai et trop ressemblant.

Lisez et vous croirez. Lisez et vous verrez toutes les tortures du poète et de l'amant.

Hélas ! c'est à ces soulTrances que celui-ci doit ses plus beaux, ses plus sublimes, ses plus immortels vers ! La vraie poésie coûte cher.

23 mai 1859.

Ma chère demoiselle,

Je vous adresse une lettre que je viens de recevoir de M. Paul de Mus.set et vous prierai de me la rendre. J'aurais besoin de .savoir son adresse à Angers, car je juge à propos de lui répondre sans aucun retard, pour combattre celui de Charpentier qui me parait absurde et serait la conspiration dont M. de Mus.set me parle.

En attendant, mille amitiés de votre tout dévoué,

Ulric GUTTINGUEU.

13 juin 1859.

Ma bonne demoiselle,

Je regrette bien de ne m'ètre pas trouvé chez moi quand vous m'avez apporté le précieux autographe de notre cher poète.

Je l'ai trouvé si beau que je vous avoue que je le garde.

Il y a dans l'avant-dernier numéro de VAj^tiste des vers adorables du prince de Polignac sur notre pauvre ami qui vous feraient un vif plaisir.

Je suis malade de mon expropriation et accablé. Tout à vous bien affectueusement,

Ulric GUTTINGUER.

24 décembre 1859.

J'aurais pourtant bien besoin de vous voir, Mademoiselle, car outre le plaisir que cela me causerait, j'ai à vous demander bien dos choses sur notre ami.

J'ai pu enfin avoir le Lui de M^ie Colet et j'en ai le cœur levé, indigné.

Je ne m'étonne pas que C... F... ait critiqué le livre, mais que cela ait été jusqu'au poète, c'est ce que je suis pressé de venger dès que j'aurai quelque place libre.

Quelle est donc cette marquise? Écrivez-le-moi en attendant et provisoirement, je vous prie.

Je ne suis qu'au commencement et je bondis à chaque ligne.

Il est vrai que je sais mieux le fond de notre ami que tous ces comédiens-là.

Quelle pitié ! quelle horreur ! Oui, chère demoiselle, il aurait fallu cacher tout cela à la pauvre mère. Chère dame, qu'elle a dû souffrir!

Pourriez-vous me faire lire les Débats? Cela me

serait bien utile pour fouetter rimbécile critique. Je m'en fais un devoir et une fête.

Pourtant ces froids, ces pluies me fatiguent bien le cerveau avec le reste ; c'est trop.

J'attends une réponse au ... et vous présente mes compliments très aJïectueux et distingués.

Ulric GUTTINGUER.

J'avais demandé à M. Guttinguer des renseignements sur la ville et les habitants de Bolbec, où je venais d'obtenir la concession d'un débit de tabac qui m'avait été octroyé par M. Magne, ministre des Finances, par la recommandation spéciale de M. De La Rozerie, secrétaire du ministre de l'Instruction publique.

En réponse, je reçus la lettre suivante:

Paris, 18 juillet 1860.

Madame,

Je me trouve bien heureux de l'offre de ma recommandation.

C'est donc a Bolbec que vous irez! J'avais entendu Caudebec.

J'aime mieux Bolbec mille fois.

C'est une ville à millionnaires et le plus beau pays du monde.

Mon nom y est bien connu, par mon père qui fut son représentant vers l'an 1800 !

Vous y lro»iverez de grandes ressouncs, je l'esjjére. Il y a la des MM. Bondeaux ([u\ ne mont point

oublié, je l'espère, non plus que les Fauquet, les Pouchet, etc.

Je tiens les légendes de V.. . M. . . à votre disposition, tout surpris que M™^ de Musset aime le chaos où il y a des rayons pourtant, mais sans ombres !

Dans l'attente donc devons voir venir les chercher, je vous renouvelle l'assurance de mes sentiments les plus distingués.

Page 1