‹ Alfred de VignyChapitre 13 sur 121 · LIVRE ANTIOUIÎ · texte numérisé non relu

LIVRE ANTIOUIÎ

BATH-SILLE

Que Vénus te protège et t'éparg-ne ses maux, Qu'elle anime, au printemps, tes superbes rameaux ; Et si de quelque amour, pour nous mystérieuse, Le charme te liait à quelque jeune veuse, Que ses bras délicats et ses leuillag-es verts A tes bras amoureux se mêlent dans les airs !

MÉNALOUE

Ida ! j'adore Ida, la légère bacchante :

Ses cheveux noirs, mêlés de grappes et d'acanthe,

Sur le tigre, attaché par une griffe d'or.

Roulent abandonnés ; sa bouche rit encor

En chantant Evoë ; sa démarche chancelle ;

Ses pieds nus, ses genoiix que la robe décèle.

S'élancent, et son œil, de feux étincelant,

Brille comme Phébus sous le signe brûlant.

BATHYLLE

C'est toi que je préfère, ô toi, vierge nouvelle, Que l'heure du matin à nos désirs révèle ! Quand la lune au front pur, reine des nuits d'été. Verse au gazon bleuâtre un regard argenté, Elle est moins belle encor -que ta paupière blonde, Qu'un rayon chaste et doux sous son long voile inonde.

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