A MADAME DELPHINE DE GIRARDIN
Lorsque, sur ton beau front, riait l'adolescence, Lorsqu'elle rougissait sur tes lèvres de feu,
Lorsque ta joue en fleur célébrait ta croissance, Quand la vie et l'amour ne te semblaient qu'un jeu;
Lorsqu'on voyait encor grandir ta svelte taille
Et la Muse germer dans tes reg-ards d'azur ;
Quand tes deux beaux bras nus pressaient la blonde écaille
Dans la blonde forêt de tes cheveux d'or pur;
Quand des rires d'enfant vibraient dans ta poitrine Et soulevaient ton sein sans ag'iter ton cœur, Tu n'étais pas si belle en ce temps-là, Delphine, Que depuis ton air triste et depuis ta pâleur !
i". avril i848.