STANCES
Tu demandes pour qui, sous les plumes nouvelles,
Ces vers, oiseaux naissants, volaient, chantaient en chœur?
Ce n'estque sur ton sein qu'ils ont ployé leurs ailes.
Jamais ils n'ont souffert un œil profanateur.
Ing-rate. pour toi seule ils veulent apparaître.
Ils sont nés d'un soupir, de tes baisers peut-être.
Et, comme ton imag-e, ils dormaient dans mon cœur!
Si tu le veux, pour toi, solitaire, et dans l'ombre. Ils chanteront tout bas, et ton sein ag-ité Couvrira comme un nid leur essaim doux et sombre. Mais n'aimes-tu pas mieux, org-ueilleuse beauté. Leur donner l'essor libre et le ciel, leur empire, Suivre de tes grands yeux leur passag'e, et te dire : « Mon nom avec l'amour sous leur aile est caché »?
Décembre i85o.