‹ Alfred de VignyChapitre 7 sur 121 · LA FEMME ADULTERE · texte numérisé non relu

LA FEMME ADULTERE

L'adultère attend le soir, et se dit : « Aucun œil ne me verra » ; et il se cache le visage, car la lumière est pour lui comme la taort.

Job, ch. XXIV, V. i5-i7.

« Mon lit est parfumé d'aloès et de myrrhe ;

« L'odorant cinnamome et le nard de Palmj^re

« Ont chez moi de l'Egypte em])aiimé les tapis.

« J'ai placé sur mon front et l'or et le lapis;

« Venez, mon bien-aimé, m'enivrer de délices

« Jusqu'à l'heure où le jour appelle aux sacrifices.

« Aujourd'hui que l'époux n'est plus dans la cité,

« Au nocturne bonheur soyez donc invité ;

« Il est allé bien loin. » — C'était ainsi, dans l'ombre

Sur les toits aplanis et sous l'oranger sombre,

(Qu'une femme parlait, et son bras abaissé

Montrait la porte étroite à l'amant empressé.

Il a franchi le seuil où le cèdre s'entr'ouvre,

Et qu'un verrou secret rapidement recouvre ;

Puis ces mots ont frappé le cyprès des lambris :

« Voilà ces yeux si purs dont mes yeux .sont épris !

« Votre front est semblable au lis de la vallée ;

« De vos lèvres toujours la rose est exhalée :

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