LA DUCHESSE, ROSETTE
ROSETTE, etfrayée.
Madame ?
LA DUCHESSE Quoi donc?
ROSETTE Madame m'a appelée.
LA DUCHESSE Ah ! je voulais. . . mon peig'noir.
ROSETTE Madame la duchesse l'a sur elle.
LA DUCHESSE J'en voulais un autre. — Non. — Restez avec moi, j'ai peur. — Restez sur le sofa, je vais lire.
A part.
Je n'ose pas faire un siî^ne de croix. — A quelle heure le chevalier vient-il demain matin ? Ah ! je suis la plus
malheureuse femme du monde.
Elle pleure.
Allons, mets dans la ruelle un flambeau et la Nouvelle Héloïse.
Tenant le livre.
Jean-Jacques ! ah ! Jean-Jacques ! vous savez, vous,
combien d'infortunes se cachent sous le sourire d'une
femme.
On frappe à une porte de la rue ; une voiture roule.
On frappe à la porte ! Ce n'est pas ici, j'espère!
ROSETTE J'ai entendu un carrosse s'arrêter à la porte de l'hùtel,
LA DUCHESSE
En es-tu bien sûre, Rosette ? A minuit!
Rosette regarde à la fenêtre.
ROSETTE
C'est bien à la porte de madame la duchesse, un carrosse avec deux laquais qui portent des torches ; c'est la livrée de madame,
LA DUCHESSE Eh ! lion Dieu ! serait-il arrivé (juelque événement chez ma mère * Je suis dans un etTroi. . .
ROSETTE J'entendsmarcher ! on montechez madame la duchesse.
LA DUCHESSE Mais qu'est-ce donc?
On frappe.
Demande avant d'ouvrir.
ROSETTE Oui est là ?