‹ Alfred de VignyChapitre 69 sur 121 · Scène IX · texte numérisé non relu

Scène IX

Paris. — La chambre à coucher de la duchesse; LA DUCHESSE, ROSETTE

LA DUCHESSE, seule. Elle es! à sa toilette, en peignoir, prête à se coucher, ses cheveux à demi dépoudrés répandus sur son sein, comme ceux d'une Madeleine, en longs flots nommes repentirs.

Quelle heure est-il ?

THÉATKE 397

ROSETTE, achevant de la roiffer pour la nuit et de lui ôter sa toilette de cour.

Onze heures et demie, madame, et monsieur le chevalier.. .

Il ne viendra plus à présent, il a bien fait de ne pas venir aujourd'hui. — J'aime mieux ne pas l'avoir vu. J'ai bien mieux pleuré.

Chez qui peut-il être allé ? — A présent, je vais bien être plus jalouse ; à présent que je suis si malheureuse ! — Quels livres m'a envoyés l'abbé ?

ROSETTE

Les Contes de monsieur l'abbé de Voisenon.

LA DUCHESSE Et le chevalier ?

ROSETTE Le Petit Carême et l'Imitation.

LA DUCHESSE Ah! comme il me connaît bien ! Sais-tu, Rosette, que son portrait est bien ressemblant ? Tiens, il avait cet habit-là quand la reine lui a parlé si long-temps, et pendant tout ce temps-là il me regardait, de peur que je ne fusse jalouse. Tout le monde l'a remarqué. Oh! il est charmant!...

Soupirant.

Ah ! que je suis malheureuse, n'est-ce pas, Rosette ?

ROSETTE Oh! oui, madame.

LA DUCHESSE Il n'y a pas de femme plus malheureuse que moi sur toute la terre.

ROSETTE Oh ! non, madame.

SgS ALFRED DE VIGNY

Je vais me coucher... Laissez-moi seule, je vous rappellerai.

Rosette sort.

Je vais faire mes prières.

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