‹ Alfred de VignyChapitre 11 sur 12 · POEMES MODERNES · texte numérisé non relu

POEMES MODERNES

La Prison.

Le Bal.

Le Malheur, ode.

Vous remarquerez que ni le Bain d'une dame romaine, daté du 20 mai 1817, ni la Neige (I 820), ne sont contenus dans L'édition originale. En outre, le poëme de la Femme adultère a été considérablement remanié. Dans mon exemplaire, il contient cinquante vers, assez médiocres d'ailleurs,

qui ont été retranchés depuis. L'introduction qui précède Heleiia ayant é'é,en même temps que le poëme, retranchée dans les éditions postérieures, mérite d'être citée, ne fût-ce qu'à titre de curiosité :

« Dans quelques instants de loisir, j'ai fait des vers inutiles; on les lira peut-être, mais ou n'en retirera aucune leçon pour nos temps. Tous plaignent des infortunes qui tiennent aux peines du cœur, et peu d'entre mes ouvrages se rattacheront à des intérêts politiques. Puisse du moins le premier de ces poèmes n'être pas sorti infructueusement de ma plume ! Je serai content s'il échauffe un cœur de plus pour une cause sacrée. Défenseur de toute légitimité, je nie et je combats celle du pouvoir ottoman. »

Je dois aussi vous signaler dans le Journal d'un poêle, publié par M. Raiisbonne, des fragments iïHelena, où les vers 5 et 6, page 282, doivent être ainsi rectifiés:

Elles savaient chanter , non les profanes dieux, Apollon ou Latone à Délos enfermée.

Minerve aux yeux d'azur, Flore ou Vénus armée.

Je m'étonne encore que M. Ralisbonne, poète et exécuteur testamentaire d'Alfred de Vigny, ait laissé imprimer un tel vers (Journal d'un Poète, page 285) :

«Que conservent aux Grecs l'amour et leurs arts précieux. >

Il est ainsi imprimé dans l'édition originale (p. 33, vers 4) :

«Que conservent aux Grecs l'amour et leurs beaux cieux.»

Dans l'édition de 1822, la page 67, qui précède les Poèmes antiques, est remplie par une seconde introduction ainsi conçue :

« On éprouve un grand charme à remonter par la pensée jusqu'aux temps antiques: c'est peut-être le même qui entraîne un vieillard à se rappeler ses premières années d'abord, puis le cours entier de sa vie. La poésie, dans les âges de simplicité, fut tout entière vouée aux beautés des formes physiques de la nature et de l'homme ; chaque pas qu'elle a fait ensuite avec les sociétés,

vers nos temps de civilisation et de douleurs, a semblé la mêler à nos arts ainsi qu'aux souffrances de nos âmes. A présent, enfin, sérieuse comme notre Religion et la Destinée, elle leur emprunte ses plus grandes beautés. Sans jamais se décourager, elle a suivi l'homme dans son grand voyage, comme une belle et douce compagne.

J'ai tenté dans notre langue quelquesunes de ses couleurs, en suivant sa marche vers nos jours. »

Telle est la préface de ces poëmes, sorte de légende des siècles pressentie, où Alfred de Vigny eut la gloire de devancer Victor Hugo.

José-Maria de Heredia.

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