CLOTILDE BUSONI
Ph. Busoni et les Etrusques. — Ce que Vig-ny pensait de ce recueil de poésies. — Pièce de vers dédiée par Busoni à sa fille. — Lettre inédite de Clotilde à Alfred de Vio-ny à l'occasion de sa candidature à l'Académie Française. — Le manoir du Maine-Giraud. — Un portrait de lord Byron. — Busoni sert de correspondant parisien à Vigny, quand il est dans la Charente. — Lettres de Vig-nv au sujet de Clotilde. — M™e Busoni et sa fille vont en villégiature en Touraine. — Chez la châtelaine de Dolbcau. — Le maria«-e de Clotilde . — Son frère s'y oppose pour raison de sauté. — La famille Busoni pendant le siège de Paris. — La mère et la fille meurent à peu de distance l'une de l'autre. — Brouille du père et du fils. — Un portrait du grand-père de Busoni par David. — Ph. Busoni meurt dans un hôtel meublé.
Philippe-Gérard Busoni, né à Saintes le 1 5 avril i8o4, fut sans contredit, comme poète, le meilleur élève d'Alfred de Vigny. Les Etrusques^ qu'il fit paraître en i843, rappellent la manière latine et concise de l'auteur de Moïse et des Destinées. Et je ne m'étonne pas que Vigny, à peine entré à l'Académie Française, ait essayé de faire couronner ce
petit volume par la docte compagnie. De sa part, c'était plus qu'un acte de bonne amitié ; c'était un acte de justice. Il y a dans les Etrusques des choses délicatement ciselées et d'un goût exquis. Les vers suivants, tirés d'une pièce intitulée Pourquoi, mon Dieu, plaisaient beaucoup à Vigny, qui les a plus d'une fois cités :
Dieu (jue chanta David et qu'annonça Moïse, Que Socrate incarna, que Platon divinise, Qu'Augustin attendrit, que Dante fait vengeur, Que Pascal éperdu cherche en vain dans son cœur.
Et s'il faut l'en croire, quand il les lut à la commission des œuvres utiles aux mœurs, tout le monde en fut ému : Villemain, Flourens, Saint- Aulaire (i). Ce ne sont pourtant pas les meilleurs du recueil, et si j'avais à choisir entre les différents morceaux dont il se compose, je prendrais les Martyrs, qui précisément sont dédiés à Vigny.
Comme celle de son maître et ami, la poésie de Busoni est impersonnelle. Les biographes ne trouveraient rien dans les Etrusques qui leur pût livrer la clef de son cœur. Tout au plus a-t-il dédié quelques strophes à sa fille. Et c'est bien le moins que je les reproduise ici, puisque cette notice lui est consacrée :
(i) Corresp. de Vigny, lettre à Busoni^ du ag février i848.