A CLOTILDE
C'est Dieu qui t'envoya pour consoler ta mère De l'enfant bien-aimé qu'il reprit pour les cieux ; Elle pleura longtemps sa Clotilde première, Mais nous la revoyons, ma fille, dans tes yeux.
Delà terre envolée, ah! tu nous la rappelles; Elle avait ton sourire et ta douce pâleur, Même souffle anima vos âmes fraternelles. Tendres comme l'amour ou comme la douleur.
Vous vous aimiez là-haut, pressentant votre mère; Dieu,qui dans son sein même en naissant vous fit sœurs. Mit sur vos fronts pareils un signe tutélaire Qu'avec joie au berceau reconnurent nos cœurs.
Il voulut, ce Dieu bon, par un touchant échanare. Confondre pour nos yeux vos terrestres liens; Sous les traits de ta sœur, il garde le même ange Ou'ici-bas nous gardons, ma fille, sous les liens.
Ces vers ne sont pas datés, mais à l'époque où ils parurent dans les Etrusques Clotilde avait douze ans, étant née à Paris le i" janvier i832.
Ce n'était pas l'aînée des enfants du poète. Sans parler de la première Clotilde, qu'il avait perdue enfant, Busoni avait eu, en 1826, un fils prénommé Philippe, comme lui, qui fit une belle carrière à la Préfecture de la Seine (i), et deux ans auparavant
(i) Entré dans l'Administration préfectorale le i^ juin j8/j8, il était chef de division en 1882, quand il prit sa retraite: il mourut en