‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 134 sur 199 · Théâtre, 26G; Revue de Paris, 15 sept · texte numérisé non relu

Théâtre, 26G; Revue de Paris, 15 sept

4. « Le roi Louis-Philippe l", dit le Journal du 29 août 1830, après avoir passé devant le front de mon bataillon (de la garde nationale), a arrêté son cheval, m'a ùté son chapeau et m'a dit : •< Monsieur de Vigny, je suis bien aise de vous voir là. Votre bataillon est très beau, dites-le à tous ces messieurs de ma part puisque je ne puis pas le faire moi-môme. » En 1846, le roi, « très mécontent de la manière dont M. iMolé a reçu M. de Vigny », témoigna au ministre Salvandy du désir de le voir et le reçut, en eiïet, avec beaucoup d'égards au milieu de la famille royale. ■> (Voir le complaisant récit de cet entretien dans le Journal du 14 juin 1840, p. 244-2-52.)

déclare-l-il encore, il a résisté à touLes les séductions, comme grâces, marques d'estime et même d'attention, de la famille dOrléans. Il n'y a rien qui ne lui ait été offert sous ce règne. On lui offrit la pairie, il la refusa... Personne n'a dans sa vie une grande quantité de périodes de dix-huit ans. J'en ai sacrifié une tout entière, je n'en ai point de regret, et le ferais encore*. » A vrai dire, il avait dès 1835 fait un nouveau choix : « Le vrai gouvernement dont à présent ridée ne me soit pas intolérable, écrivait-il, c'est celui d'une république dont la constitution serait pareille à celle des États-Unis américains - « ; — •( avec une aristocratie d'intelligence », ajoutait-il toutefois en 1840. Bref, « le meilleur gouvernement, disait le républicain frais émoulu, est celui que l'on ne sent pas et que l'on voit peu, celui de tous par chacun et de chacun par tous^ ».

Lors donc qu'en cette « révolution plus sociale que politique » de 1848 « l'ouragan » eut emporté « le trône de carton* », Vigny crut, comme tant d'autres, à l'avènement de temps nouveaux : comme Lamartine, par exemple, il ne put se borner à « cadencer ses rêves politiques^ ». « Quand la France est debout,

1. Correspondance, 245, 246. « M. X... était venu, le 3 janvier 1846, précise le Journal (236), me proposer un ignoble marché dans lequel je donnerais des éloges à la famille royale en échange de la pairie et d'une pairie pensionnée: j'ai refusé avec calme, en faisant semblant de croire que c'était seulement une imagination de M. X... et un rêve sans fondement. Que je n'aie point dit, comme je l'avais sur les lèvres : Vadc rétro, Sntanas! on doit m'en savoir gré. »

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