Avertissement à Jocelyn
qui pourrait «asseoir pour méditeri? » N'était-ce pas du reste pour Stello, qui se sentait alors d'autant moins inspiré qu'il était plus agité, le moment prévu de descendre de la nue, où « son œil suivait en vain le cours des astres », et devenir se livrer ici-bas à la terrestre activité des « rôles historiques-? » Oublieux de tous les sages préceptes du Docteur Noir, le poète de Moïse cessa pour lors de croire que « l'ambition est la plus triste des espérances ^ » ; et, dupe de ce " funeste penchant que nous avons tous à sortir de notre voie », il « céda à l'attraction des choses extérieures et s'abandonna au souffle grossier des événements communs * ». Un fidèle ami, Busoni, s'en fut bravement solliciter, auprès du nouveau ministre des Affaires étrangères, rien moins que l'ambassade d'Angleterre pour l'auteur applaudi de Chatterton^ : la jeune République ne fut pas, hélas I plus perspicace que la vieille monarchie décrépite; et il fallut, à défaut de diplomatie, se rabattre sur la politique. Le 27 mars 1849, Alfred de Vigny adressait de Paris aux électeurs de la Charente une superbe profession de foi idéaliste : « Homme nouveau, proclame-t-il, d'une indépendance entière, d'une existence sévère,... j'ai ce bonheur acquis avec effort, conservé avec courage de ne rien devoir à aucun gouvernement, n'en ayant accepté ni recherché aucune faveur. Ce mâle gouvernement (de la République) est le plus beau... Je n'irai point, chers