‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 23 sur 199 · I. — Poète et soldat · texte numérisé non relu

I. — Poète et soldat

Il ne Tavait, du reste, jamais entièrement abandonnée, tant s'en faut. « Accablé, dit-il', d'un ennui que je n'attendais pas dans cette vie de régiment, ce fut alors pour moi une nécessité que de me dérober dans les nuits, au tumulte fatigant et vain des journées militaires; de ces nuits, où j'agrandis en silence ce que j'avais reçu de savoir de nos études tumultueuses et publiques, sortirent mes poèmes et mes livres. » Alors en effet « lévite », « bénédictin » de caserne, comme il se désigne en ses Mémoires inédits ^ il sut avec une patience à toute épreuve, « rejetant ses forces dans le recueillement solitaire et l'étude », s'imposer « l'éducation volontaire, la vraie, dit-il, la seule qui donne à l'âme son élévation et sa forme définitive ^ ». « La distraction me soutenait, me berçait, dans les rangs, sur les grandes routes, au camp, à cheval, à pied, en

i. Servitude et Grandeur militaires, 17.

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