Edouard Turquéty, par Saulnier
est réservée comme celle de Banquo'. » Hugo, également convié, eut à cœur de « s'acquitter jour pour jour de la lettre de change ainsi tirée sur lui » : il vint occuper « son poste », flanqué d'un « sien ami » qui brûlait lui aussi de « pénétrer dans le sanctuaire pour entendre la voix du dieu- ». Le bon Turquéty, qui n'en manquait pas une apparemment, fut plus ébloui que jamais : « La soirée fut très brillante, dit-il : on n'annonçait que comtes et barons; les appartements sont pleins de luxe et d'ornements. La lecture dura fort tard et m'intéressa au point de me faire beaucoup de mal. Je vis là beaucoup d'hommes de lettres », entre autres Alfred de Musset, « bon soldat », également '< commandé de service ». Ce fut bien pis encore le jour de la représentation au Théâtre-Français. « J'attends une nouvelle liste de conjurés, écrit à un de ses confrères recruteurs notre capitaine en réforme. Qu'elle soit bien nombreuse, je vous en prie ; c'est la cause de la jeunesse, et c'est une liberté de plus qu'elle m'aidera à conquérir. Cette vieille citadelle de la rue Richelieu va nous appartenir si nous ouvrons la brèche... Depuis que j'ai quitté le service, il ne m'arrive rien; cela m'ennuie. Je me suis fait là un petit événement. » « On cherche à nous désunir, promettait Hugo; mais je vous prouverai le jour d'Othello que je suis plus que jamais votre bon et dévoué ami ^ » Il le prouva si bien, en effet, escorté de son beau-père et de toute une horde d'alliés, que Vigny eut, en dépit de la cabale classique, malgré toutes les vociférations