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Dana la profonaeur
Mildred lâcha le capitaine, en jetant un cri d'efiffoi. Pâle comme une morte, elle tourna la tête. Mais au même instant, eilt, recula et tomba presque évanouie dans les bras de Dreyfus.
S'il ne l'eût retenue à temps, elle serait allé rouler sur les dalles.
Dreyfus, lui aussi, restait comme frappé de la foudre.
Les yeux dilatés par l'angoisses, il regardait dans la direction de la porte et sur son visage défait, on eût pu lire l'expression d'un invincible terreur.
Le gouverneur s'était dressé sur le seuil de la chambfe et derrière lui se tenaient des soldats, aux fusils en arrêt.
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Deux hommes, portant des torches allumées et un troisième, qui cherchait à se cacher derrière les autres, complétaient ce groupe, légitime objet d'épouvante pour MilJred et le captif.
Il suffisait d'un seul regard jeté sur la face de Greffin, pour s'assurer que le terrible gouverneur était au courant de tout.
Son visage était horriblement contracté et l'effort qu'il s'imposait pour faire un rire simplement railleur, rendait encore plus sinistre et plus redoutable l'expression de cette tête de bourreau.
Il se passa quelques instants avant qu'aucun des acteurs du drame, qui se jouait là, put articuler une parole.
Greffin s'arracha au seuil de la porte, sur lequel il s'était ter.u, immobile, jusque Vu.
Il marcha droit à Mildred, la saisit brutalement par le b as et l'arracha de l'étreinte du capitaine.
^— Vous m'excuserez, madame, lui dit-il d'une vo'x coupante, si j'offense quelque peu à votre égaid les usages de la galanterie française, en troublant votre intéressant tête-à-tete, avec ce forçat. Mais, quoique j'aie été assez imprudent pour donner n on nom à quelque courtisane, en rupture de carte, il convient, cependant, que je l'empêche d'employer ses moments perçus à visiter les misérables confiés à ma garde et à en faire les jouets de ses fantaisies erotiques.
Mildred se voila le visage de ses mains,
Dreyfus, cependant, crut de son devoir, de venir au secours de la pauvre femme.
>— Monsieur le gouverneur, dit-il, quoique à vos yeux je ne sois qu'un simple transporta, vous me permettrez, comme homme, suc lequel le dernier mot n'est pas dit, de vous représenter que votre épouse, n'a pas eu le moindre toit à votre égar '. Si elle est venue ici, c'est poussée par un sentiment de compassion et d'humanité à mon égard. En voulant me console-, pour que je no m'abandonne point au désespoir^ elle n'a fait
que ce que font les religieux, infirmiers d'âmes. Son seul diras est d'avoir un cœur tendre aux douleurs d'autrui,
— Canaille! Traître! Tais-toi! cria Greffin, écumant de rage Deux soldats ici... Qu'on tire dessus sans ^ilié au moindre mot qu'il" se pern:ettrait de dire sans y être autorisé par moi.
L'instant d'après, Dreyfus se trouva entre deux soldats, dirigeant Wers lui les canons de leurs fusils.
Gièffiîi se tourna vers Mildred. .^4
— '■ Vous avez donc consolé ce malheureux prisonnier,' madame, dit-il, d'un air saicastique. - C'est ce que le misérable vf^nt de me confirmer, en personne. Mais j'ai pu voir, par inoi même, le point jusqu'auquel vous poussiez le désir d'obliger le prochain. Sans doute, il fait aussi partie de votre œiivre de miséricorde, le petit vapeur que vous a^ez acheté au pêcheur Lantier et sur sur leqUx^l j'ai mis l'embargo, avant de forcer les portes de cette tour et de monter son escalier à pas de loup, avec mes hommes, pour ne point vous priver de l'agréable surprise qu9 j . vous ménageais ?
Chaque mot de ce discours railleur atteignait Mildred comme un coup de poignard. Mais elle s'était suffisamment remise, à p:é;cnt, pour pouvoir songer à sa défense,
— Monsieur, dit-elle en s'avançant avec résolution veis le gouverneur, vous savez tout à ce qu'il vous paraît. Vos espions vous ont parfaitement renseigné et sans doute, surtout, le misérable en lequel j'avais placé ma confiance. Mais il est une chose que n'a più vous apprendre ce lâche coquin et que je ne balan« C3rai point, moi, à vous révêler. Je voulais fuir, c'est vrai. Je voulais emmener le capitaine Dreyfus pour le rendre à la liberté, c'est vrai, encore. Mais ce qui ne l'est pas moins, c'est que je vous méprise, que j'ai horreur et dégoût de vous, que je hais et flétris du fond de mon âme votre férocité et vos sinistres fonctions que vous déshonorez encore. Vous avez saisi, sans y avoir aucua droit, le bateau acheté de mes deniers. Vous ne possédez point