OCTOBRE
OCTOBSB. 71
OOTOBBE
Ah I Tair de deuil que tout respire ! . .
C'est le mois des dernières fleurs Où le rayon^ ce beau «ourire^ Toujours s^éteint mouillé de pleurs ;
72 poÉsm.
Où les vagues sont plus profondes^ Où Tombre est pleine de frimas, Où les aubes sont infécondes, Où le ciel frissonne de glas.
L'Astre comme vide de flammes.
Naît et déjà tombe des cieux.
La tristesse envahit les âmes ; Les fronts jeunes sont soucieux.
Le nocher à la chanson lente, En jetant de ses bras lassés L'ancre sous la proue oscillante.
S'inquiète des flots glacés.
OOTOBSX. 78
Les gais bûcheroBB dont sam cesse Soime le ter, couvrent les Toix: Ah ! disent-ils^ qneUe tristesse I Gomme se lamentent les bois !
Le pâtre^ par le sentier rade Poussant son troupeau rallié.
Traverse Pàpre solitude A grands pas et le corps plié..
terreur ! des spectres diSormes Sont accroupis dans les ravins. . .
Non, c'est Tombre qui prend ces formes Au pied des sinistres sapins. . .
Les hameaux^ asiles champêtres^ Sont sans charmées, presque oslub voix.
Plus de roses sous les fenêtres!
Plus d^hirondelles sur les toits.
La vitre bleue à la lumière Beste close au matin qui luit. La porte moins hospitalière Sur nos pas retombe avec bruit.
Pieds nus et blessés par les chaumes, Un pauvre enfant au doux profil S'en vient à moi. — Voici des baumes^ Achetez-les, soupire-t-il.
OOTOBBE. 75
Et comme dans mes mains hâtées Avec émotion je prends Vulnéraires, herbes vantées.
Et résine à Fodeur d'encens,
Il me. dit qu'un soir sur la lande L'orage grêla leur maison ; Le mal fut grand ; il me demande Du blé, du pain, un faible don.
Automne, automne, reine au lourd manteau de brume, Ta beauté trop sévère est îsans charme pour moi. Ah ! qu'un autre au long bruit d'un orage qui fume Chante le dur grésil bondissant devant toi.
Je n'aime que les pleurs de Paurore embrasée^ Tont oiseau, toute fleur, et le céleste azur. Les oiseaux, ils ont fui ; la fleur, tu Tas brisée. Et dans les vallons nus traîne un rayon obscur.
Quand tu parais, adieu les sourires sans nombre Qui flottaient par le ciel et la terre et les cœurs. . . Fleur éclose du soleil, ma gaîté meurt dans Tombre Rends-lui les beaux matins et leurs douces lueurs.
MÈBX AU 7BONT BIAKT. 77
Mère au front riant, auprès d^elle
Le bonheur fut fidèle.
Ah 1 quel autre ici-bas.
Quel autre mère fut meilleure
Jusqu'à sa dernière heure ?
— Enfants, ne pleurez pas.
De yertuB toute parfumée.
Elle s'était formée
Au pied du Crucifix.
La main d'un Ange, sans secousse.
Cueillant cette âme douce.
L'emporte au paradis.